Google investit le marché des tablettes numériques

Article  par  Matthieu HERVE  •  Publié le 07.02.2011  •  Mis à jour le 08.02.2011
[ACTUALITÉ] Google a présenté la version 3.0 de son système d’exploitation Android, baptisé Honeycomb, conçu avant tout pour tablettes tactiles.
Le 1er février dernier, Google a présenté la version 3.0 de son système d’exploitation Android, baptisé Honeycomb, selon eux le premier système d’exploitation conçu avant tout pour tablettes tactiles, contrairement aux systèmes concurrents produits originellement pour les smartphones puis déclinés pour les tablettes. Avec environ cent un millions de smartphones vendus dans le monde en un trimestre, Android est devenu le système d’exploitation pour téléphone portable le plus utilisé dans le monde. En lançant Honeycomb, Google semble vouloir réaliser le même objectif sur le marché des tablettes numériques.

Parmi les atouts de ce système d’exploitation, citons celui du stockage des données personnelles sur les services cloud, reliés entre eux, de Google. Ainsi, « l’utilisateur peut littéralement perdre son portable, son téléphone ou sa tablette et toutes ses données sont en sécurité. » Ce service rappelle celui de BlackBerry, qui s’est également lancé sur le marché des tablettes à la fin de l’année 2010, en proposant la BlackPad (499$ sur le marché américain, soit une tablette d’entrée de gamme, si l’on se place sur le référentiel d’Apple). De plus, comme son concurrent canadien, Google a également misé sur l’ergonomie de son système, simplifiant au maximum l’interaction avec l’utilisateur, proposant des manipulations simples et intuitives, des widgets dynamiques, et permettant également d’ouvrir plusieurs applications à la fois.  Enfin, Google met en avant une plus grande fluidité des affichages, une meilleure réactivité de la tablette et une gestion des images 2D et 3D. Cette relative accessibilité d’Honeycomb a pour but d’attirer les éditeurs de contenus et les développeurs d’applications.

Car c’est un des nerfs de la guerre. Ainsi Apple et Google sont en concurrence permanente pour tenter d’attirer les développeurs sur leur plateforme respective. Malgré la très forte progression des téléphones Android, il semble que les applications payantes se vendent jusqu’ici plus facilement sur iPhone et iPad que sur les terminaux Android, notamment parce qu'Apple propose un système de paiement simplifié. Google est d’ailleurs tenu de constater les lacunes d’Android Market, quand 90 % des achats d'applications passeraient sur l'App Store d'Apple. L’adhésion des développeurs a l’un ou l’autre des systèmes d’exploitation est un évidemment un enjeu important, à la base de la diversité et de la qualité des applications proposées aux utilisateurs.

Google a donc dévoilé une version Web de son magasin d'applications, Android Market, appelé à concurrencer iTunes, dans l'espoir de démultiplier les canaux de diffusion et les ventes d'applications payantes. Cette version Android propose donc aux développeurs des achats dits "in-app", c'est-à-dire du contenu source d’une application (cela évite aux développeurs, dans certains cas, de mettre au point deux versions de leurs logiciels : une light et une payante).  Ils doivent permettre aux développeurs de gagner de l'argent sur les transactions réalisées grâce à leurs applications, par exemple pour l'achat de marchandises virtuelles ou de musique. « Nous avons entendu pas mal de développeurs nous dire qu'ils voulaient disposer de plus de façons de monétiser leurs applications », a déclaré le directeur de l'ingénierie d'Android Chris Yerga. « Aujourd'hui nous publions notre code pour la facturation des applications, ceci pour toute la communauté des développeurs d'Android. »
De plus, Google mise sur la convergence des smartphones, des tablettes numériques et de Google TV, pour faciliter l'adaptation d'applications existantes d'un environnement à un autre. Cela permettra notamment à l’utilisateur d’accéder depuis n’importe quel appareil sous Android à une application achetée sur Android Market.

Enfin, alors que The Daily de News Corporation vient de sortir sa version dédiée à l’iPad, CNN a présenté une application développée pour les tablettes Honeycomb, permettant un accès à ces contenus. Elle a également dévoilé iReport, une communauté organisée autour des actualités. Les tablettes numériques risquent donc d’être au cœur des stratégies de développement de la presse et des grands médias, qui voient là un moyen de contrôler l’accès aux contenus des journaux, pouvant ainsi les proposer sous le mode de l’abonnement. En retour, convaincre ces producteurs de contenus de leur association à l’un ou l’autre de ces systèmes sera certainement un levier important de la stratégie concurrentiel des constructeurs de tablettes.

Comme dans la téléphonie, Google va par ailleurs s'appuyer sur la puissance de fabricants pour imposer son système. Motorola a été le premier à dévoiler Xoom, sa tablette sous Honeycomb, au début du mois de janvier, au prix de 799$. LG lancera également G-Slate aux États-Unis au printemps, qui permettra notamment de réaliser des images en 3D. Un argument de poids pour les fabricants ayant choisi Android 3.0, puisque l’utilisateur pourra non seulement consulter du contenu, mais aussi en concevoir.

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Crédit photo : Capture écran.
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