Comment les religions ont trouvé leur place à la radio et la télévision

Article  par  Clément MALHERBE  •  Publié le 06.06.2017  •  Mis à jour le 09.06.2017
L’histoire des émissions religieuses est liée à celle du service public français de la télévision et de la radio. Apparues très tôt sur les ondes et les petits écrans, les catholiques puis les différentes religions ont pris peu à peu leur place dans les grilles de programmes.

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Cet article[+] NoteL’article est le fruit d’une collaboration au sein de l’Ina entre Gautier Poupeau, architecte de données à la direction des Systèmes informatiques et Clément Malherbe, chef de projet au service Expertise, conseil et études de la direction déléguée à l'Enseignement, la Formation et au Conseil. Nous tenons à remercier Laure Baudouin, directrice de l’Unité des émissions religieuses de France Télévisions et Marie-José Godin, responsable Documentation & Archives au CFRT, pour leurs précieux apports d’informations qui ont permis d’enrichir cet article.X [1] ne prétend pas recenser l’exhaustivité des émissions religieuses qui ont été diffusées depuis les débuts de la télévision et de la radio en France. Il vise plutôt à dresser un panorama historique des émissions religieuses diffusées sur les chaînes de télévision et de radio françaises. Quelle place occupent ces émissions dans les grilles des chaînes ? Quels sont les genres représentés ? Quelle est la part des différentes religions dans ces programmes ?
 
Le corpus étudié comprend toutes les émissions diffusées sur les chaînes nationales publiques (télévision et radio), qui sont les principaux diffuseurs de programmes audiovisuels religieux en France. L’analyse est centrée sur les émissions religieuses ou « cultuelles », au sens produites ou coproduites par les diverses autorités religieuses reconnues par le ministère de l’Intérieur chargé des Cultes. Ces autorités sont : la Conférence des évêques de France, représentée par le Frère Philippe Jaillot, producteur du Jour du Seigneur, l'association Vivre l'Islam (indépendante du CFCM, le Conseil français du culte musulman) présidée par Maître Chems-Eddine Hafiz et représentée par Djelloul Beghoura, producteur délégué de l'émission Islam, le Consistoire israélite de Paris et le Grand Rabbinat de France, représentés par Josy Eisenberg, producteur de la Source de vie, la Fédération protestante de France, représentée par Marie Orcel, productrice de Présence protestante, l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, représentée par le Père Nicolas Ozoline, producteur d’Orthodoxie, et l’Union bouddhiste de France (représentée par Chriss Gallot, productrice de Sagesses bouddhistes. Enfin, l’émission Chrétiens orientaux est produite par Thomas Wallut, nommé par les responsables des  Églises orientales en France.
Une partie de l’article est également consacrée aux émissions diffusées sur les autres chaînes. Les émissions culturelles et d’information qui traitent de religion, de spiritualité et de savoirs au sens large, n’ont pas été étudiées.
 
Les résultats ont été obtenus à partir des bases de données documentaires de la télévision et de la radio, constituées par l’Ina depuis sa création et dans le cadre de sa mission de dépôt légal depuis 1995, ainsi que sur la base archives du CFRT (Comité Français de Radio-Télévision), constituée à partir de 1959, pour compléter les données manquantes. Pour les émissions antérieures à 1995, nous nous sommes appuyés sur le numéro 68 de la revue Dossiers de l’audiovisuel « Eglises et médias » (Paris, INA, La Documentation française, juillet-août 1996, sous la direction de Anne Furst).

Les émissions religieuses à la radio-télévision, une longue histoire de service public

L’histoire des émissions religieuses est étroitement liée à celle du service public français de la radio et de la télévision. Diffusée chaque dimanche matin depuis 1954 sur la RTF (Radiodiffusion-télévision française), puis l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), TF1 et, enfin, sur France 2 entre 10 h 30 et 12 heures, l’émission catholique Le Jour du Seigneur est la doyenne des émissions télévisées françaises, qui a ensuite ouvert la voie aux autres religions.
 
Comme l’explique Anne-Marie Oliva dans son article Émissions religieuses et service public audiovisuel, la diffusion des émissions religieuses a d’abord accompagné le démarrage de la radio, dès les années 1920, puis de la télévision à partir des années 1940. Le lancement du Jour du Seigneur s’inscrit d’ailleurs dans un contexte de débat autour du principe de laïcité et de la neutralité du service public. Il faut attendre 20 ans, avec la loi n° 74-696 du 7 août 1974 relative à la radiodiffusion et à la télévision portant éclatement de l’ORTF, puis ensuite la Loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication (Loi Léotard), toujours en vigueur actuellement, pour voir la reconnaissance d’un droit à l’antenne au profit des émissions religieuses. Cette loi impose en effet aux chaînes publiques l’obligation de diffuser une émission religieuse sur leur antenne, pour « permettre aux citoyens d'avoir une approche culturelle et cultuelle ». Cette obligation de diffuser « des commentaires religieux ou des retransmissions de cérémonies cultuelles » le dimanche matin figure également dans l’article 17 du Décret n° 2009-796 du 23 juin 2009 fixant le cahier des charges de la société nationale de programme France Télévisions et dans l’article 18 du Décret du 13 novembre 1987 portant approbation des cahiers des missions et des charges de la société Radio France et de l'Institut national de l'audiovisuel. Ces émissions sont réalisées sous la responsabilité des représentants (producteurs privés) désignés par les hiérarchies de ces cultes après avis du ministère de l’Intérieur chargé des Cultes (conformément à l’article 56 de la loi de 1986,modifié par l'article 27 de la loi n°2009-258 du 5 mars 2009).Si le cadre de ces émissions est donc fixé par les cahiers des charges des chaînes publiques, ce sont les communautés elles-mêmes qui assurent leur production et en ont la responsabilité éditoriale, avec des moyens mis à disposition par les groupes publics.
 
Le cahier des charges de France Télévisions stipule que « le coût financier de ces émissions est pris en charge par la société dans la limite d'un plafond fixé par le conseil d'administration de la société. Il est réparti entre les différents cultes en tenant compte, notamment, de leur représentativité respective. Les conditions de production sont fixées par un accord passé par la société avec quelques cultes, qualifié de « protocole ».  France Télévisions alloue un budget annuel de 10,9 M€ à ses émissions religieuses dominicales (source : France Télévisions, 2015), relativement stable d’année en année. À noter que les catholiques contribuent au budget de leurs émissions à hauteur de 50 %, grâce à des dons.
 
Ces derniers sont représentés par le Comité français de radio-télévision (CFRT). Le CFRT est une association fondée en 1950 par les dominicains, qui a reçu mandat de l’Église catholique de France pour gérer la production des émissions catholiques à la télévision. Les émissions religieuses à la radio sont, en revanche, produites par Radio France, sans le concours d’une société de production tierce. À titre d’exemple, le CFRT a produit en 2015 150 heures de programmes pour la télévision : reportages, magazines, documentaires et retransmission des messes télévisées sur France 2 (source : CFRT).
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Quand Le Jour du Seigneur ouvre la voie aux émissions religieuses à la télévision

* Le premier programme musulman (de 15 minutes) fut diffusé le 18 juillet 1982 et un deuxième (de 17 minutes) le 19 septembre 1982.
Source : France Télévisions, Ina (chiffres à mai 2017).

Le choix du dimanche matin est lié au jour de culte des catholiques, qui ont été les premiers à avoir demandé en 1949 un créneau horaire chaque dimanche,
pour retransmettre la messe. Après Le Jour du Seigneur produit par le CFRT, sont venus ensuite les protestants en 1955 avec l’émission Présence protestante, puis ensuite le culte israélite en 1962 avec l’émission La Source de vie, diffusée initialement une fois par mois à raison de 30 minutes. À partir de 1963, La Source de vie est diffusée en alternance avec l’émission bimensuelle Orthodoxie, qui sera elle-même proposée à partir de 1965 en alternance avec l’émission Foi et traditions des chrétiens orientaux. En 1983, le culte musulman obtient son émission (Connaître l’Islam), qui deviendra ensuite Islam. Les bouddhistes sont les derniers à obtenir leur émission au sein de la tranche du dimanche matin de France 2, avec l’émission Sagesses bouddhistes, créée en 1997, à la suite de la reconnaissance officielle de l'Union bouddhiste de France (UBF) par le ministère de l’Intérieur.
 
Depuis leur lancement, toutes ces émissions ont évolué au gré des bouleversements du paysage audiovisuel, depuis la RTF jusqu’à l’époque actuelle. Certaines ont changé de nom, comme les émissions sur l’islam, les chrétiens orientaux et les bouddhistes, et la plupart ont fait évoluer leur positionnement et leur contenu éditorial, avec une place croissante accordée aux reportages et aux documentaires. En revanche, les horaires et le temps d’antenne de ces programmes sont restés stables au cours du temps.
 
Actuellement, ces différentes émissions sont regroupées dans la case Les Chemins de la foi, qui est programmée chaque dimanche de 8 h 30 à 12 heures sur France 2, soit au total 3 heures 30 de programmes. Les émissions sont diffusées dans un ordre qui suit l’ordre chronologique des demandes émises aux cours du temps de la part des différentes autorités religieuses auprès du service public, avec pour commencer Sagesses bouddhistes dès 8 h 30 et, pour finir, Le Jour du Seigneur, à 10 h 30, qui bénéficie donc de la meilleure exposition en termes d’audience. À noter que la part d'audience du dimanche matin de France 2 est passée de 12,4 % en 1996 à 5,2 % en 2016. En moyenne, les émissions Judaïca et Islam sont regardées par environ 100 000 téléspectateurs, tandis que Le Jour du Seigneur rassemble environ 518 000 téléspectateurs, contre 867 000 en 2006  (source : Médiamétrie). La baisse de l’audience de ces émissions doit toutefois être mise en regard avec le recul de l’audience moyenne de France 2 sur la période. Elle s’explique notamment par la diminution du nombre de personnes pratiquantes en France.
 
En plus de cette case du dimanche matin, le CFRT produit également depuis 2013 le magazine religieux de société de 26 minutes Dieu m’est témoin, diffusé sur le réseau Outre-Mer 1ère tous les dimanches sur les différents canaux horaires[+] NoteDieu m’est témoin est diffusé à 5 h 30 sur Martinique 1ère, à 6 h 40 sur Guadeloupe 1ère, Guyane 1ère, Mayotte 1ère, à 6 h 30 sur Nouvelle-Calédonie 1ère, à 7 h 30 sur Réunion 1ère et Polynésie 1ère, 8 h 10 sur Saint-Pierre-et-Miquelon 1ère et à 11 h 30 sur Wallis et Futuna 1ère.X [2]. Au total, 36 émissions sont produites chaque année.

Le temps d’antenne consacré à chaque religion dans Les Chemins de la foi a été déterminé au cours des années par les directions successives du service public, en accord avec le ministère de l’Intérieur et au regard de l'importance des communautés religieuses en France. Les catholiques, étant les plus nombreux dans le pays, ont pu bénéficier de la plus grande tranche horaire avec au total 90 minutes, dont 45 minutes de messe, ce qui représente 43 % du temps d’antenne de l’émission. Bien qu’elle soit la deuxième communauté la plus représentée en France, la religion musulmane ne concentre que 14 % du temps d’antenne des Chemins de la foi, tout comme les protestants et les juifs (30 minutes en moyenne par semaine). Avec 15 minutes par semaine, les bouddhistes représentent 7 % de la durée horaire totale. Enfin, l’Église orthodoxe et les chrétiens orientaux se partagent le reste de la case, avec chacun 4 % de temps d’antenne, soit 7 minutes 30 en moyenne par semaine pour chacun de ces deux cultes. Le temps d’antenne alloué aux différentes religions n’a pas changé depuis 1997, date de création de Sagesses bouddhistes.


On voit ici la nette prépondérance de l’émission Le Jour du Seigneur en termes de volume horaire, avec au total 4 914 heures diffusées depuis 1954. Elle est suivie par les protestants (1 612 heures depuis 1955), juste devant les juifs qui cumulent au total 1 430 heures entre 1962 et 2017. Les musulmans arrivent en quatrième position avec, au total, 884 heures diffusées depuis 1983. On retrouve en dernier lieu les orthodoxes, les chrétiens orientaux et les bouddhistes, qui totalisent respectivement 324, 312 et 260 heures de programmes depuis le lancement de leurs émissions.
 
Comment a évolué la tranche horaire des catholiques ?Véritable pilier de l’émission Le Jour du Seigneur, la messe est diffusée 56 fois par an (avec les fêtes carillonnées). La structure de la grille de l’émission est restée relativement stable au cours de ces 50 dernières années, la messe représentant la moitié de la durée de l’émission, complétée par des plateaux enregistrés ou en direct, des reportages ou des documentaires. La seule évolution notable que l’on puisse relever en termes de programmation est le changement de l’horaire de la messe en 2010, passé de 11 heures à 10 h 45, pour faire en sorte que les téléspectateurs — notamment les pensionnaires des maisons de retraite qui constituent une grande partie de l’audience — ne manquent pas la fin de la messe à cause du déjeuner.

En termes de contenu et d’éditorialisation, la partie magazine de l’émission de 90 minutes a toutefois été largement repensée depuis sa création, pour tenter de s’ouvrir à un public plus jeune. C’est ce qui explique la présence de nombreux documentaires de création, de programmes d’animation ou encore, plus récemment, des formats courts, voire de courtes fictions. 


Les chiffres qui figurent dans le tableau ci-dessus correspondent à des conducteurs d’antenne d’émissions du Jour du Seigneur diffusées à 10 ans d'intervalle entre 1966 et 2016, à peu près à la même période de l'année. La structure de ces émissions n’est pas forcément représentative de la structure globale de programmation de la case sur l'année entière, mais cela donne des tendances sur l'évolution de la case dans le temps, en termes de programmation.
Source : CFRT.
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À la radio, c’est France Culture qui diffuse les émissions religieuses


* L’émission Cultures d’Islam, qui a été diffusée de 1997 à 2016, était programmée le vendredi soir de 21 h 30 à 22 heures.
** L’émission Orthodoxie et christianisme oriental a été créée en 1964, et était diffusée autrefois le samedi à 23h. A partir de 1966, l’émission est diffusée le dimanche matin avec les autres émissions religieuses.
*** Les émissions La Voix d’Israël puis Écoute Israël à partir de 1951 étaient diffusés initialement tous les vendredis de 13h50 à 14h20 sur le programme national de la Radiodiffusion française. À partir de 1969, le magazine est programmé le dimanche matin.
Source : Radio France, Ina (chiffres à mai 2017).

Sur la radio, c’est France Culture qui prend en charge la diffusion des émissions religieuses depuis sa création en 1963
sous ce nom. La messe est la première émission à avoir été retransmise en direct sur les ondes de la Radiodiffusion nationale, établissement public, dès 1939, et ce tous les dimanches. Elle a été suivie, en 1946, de l’émission La Voix d’Israël, la première émission radiophonique juive, initialement à caractère essentiellement musical. Celle-ci est relayée à partir de 1951 par le magazine Écoute Israël, diffusé jusqu’en 2002, avant d’être remplacé par l’émission historique Maison d’études, programmée jusqu’en 2013. L’émission Talmudiques prend le relais en 2013 jusqu’à aujourd’hui. L’émission Orthodoxie et christianisme oriental a été créée en 1964, et était diffusée originellement le samedi à 23 heures sur France Culture, puis diffusée à partir de 1966 le dimanche matin. C’est cette même année que l’émission Chrétiens d’Orient a été créée. En 1973, l’émission Service protestant, apparue dès 1928 sous forme de conférences religieuses diffusées en semaine, complète la programmation des émissions religieuses du dimanche matin, aux côtés de l’émission sur les chrétiens d’Orient Foi et tradition, qui était diffusée auparavant la semaine en journée et dont la diffusion s’interrompt en 2013. Enfin, l’émission sur la religion musulmane Cultures d’Islam arrive à l’antenne seulement en 1997, et change de nom en 2016 pour devenir Question d’Islam.
 
On voit donc que certains programmes ont changé de nom au cours du temps, et de formule éditoriale comme, par exemple, Talmudiques, mais à l’instar de la télévision, la grille des émissions est restée la même depuis le début des années 1970, avec une diffusion le dimanche matin. Au total, la durée des émissions religieuses de la case du dimanche matin de France Culture est de 3 heures 40 minutes, en incluant les journaux d’information de 8 heures, 9 heures et 10 heures. La seule exception notable est l’arrivée de l’émission sur le culte musulman à partir de 1997 — soit bien plus tard que pour la télévision —, à la place du magazine d’information inter-religieux Horizon, qui était diffusé tous les dimanches de 1972 à 1997, de 7 h 15 à 7 h 25.Il succédait lui-même aumagazine Monde religieux, diffusé à partir de 1970 le lundi puis le mardi sur France Culture, puis à partir de 1971 et jusqu’en 1973 tous les dimanches, de 7 h 45 à 8 heures. De 1996 à 2006, France Inter a diffusé tous les dimanches sur son antenne le magazine inter-religieux Théo, de 8 h 20 à 8 h 30.
Le premier dimanche de chaque mois, le Comité protestant diffuse une émission dans la tranche Service protestant, d’une durée de 30 minutes. Il s’agit d’une chronique mensuelle des Amitiés françaises à l'étranger.
 
En plus des émissions précitées, il faut également souligner la présence de l’émission Divers aspects de la pensée contemporaine, diffusée tous les dimanches de 9 h 42 à 10 heures, juste après Talmudiques et avant la messe. Cette émission, sans équivalent sur le petit écran, n’est pas religieuse et traite des obédiences maçonniques et de libre pensée. Nous pouvons également citer comme autre programme sur la religion Le Club de la presse des religions, magazine d’actualité inter-religieuse qui a été diffusé sur France Culture tous les dimanches de 2001 à 2003, de 7 h 35 à 8 heures.

La répartition du temps d’antenne accordé aux différentes religions sur la case dominicale de France Culture diffère quelque peu de ce que l’on observe sur France 2, avec une part égale accordée au catholicisme et à l’islam, qui concentrent chacune 28 % du temps d’antenne de la case. Les émissions juive et protestante totalisent chacune 16 % de la durée totale, soit 30 minutes. Avec leurs deux émissions diffusées en alternance, les chrétiens orientaux et les orthodoxes disposent chacun de 6 % du temps d’antenne de la case. Enfin, contrairement à la télévision, la religion bouddhiste n’a pas son émission dédiée à la radio le dimanche matin. En revanche, elle est abordée dans le cadre d’émissions à portée philosophique, tels Les Chemins de la philosophie, diffusée du lundi au vendredi de 10 heures à 10 h 52.


De même que pour la matinale du dimanche de France 2, le poids horaire de la religion catholique dépasse très largement celui des autres religions (environ 3 718 heures diffusées depuis 1949). Cela s’explique par l’ancienneté de la diffusion de la messe, ainsi que par le volume horaire qui lui fut accordé, nettement supérieure à celles des autres religions. La hiérarchie des autres religions en volume horaire est identique à ce que l’on observe sur la matinale de France 2, avec en deuxième position les protestants (1 846 heures environ depuis 1973), puis les juifs (1 144 heures depuis 1946), les musulmans (953 heures depuis 1997) et, enfin, à égalité, les orthodoxes et les chrétiens d’Orient, avec 508 heures de programmes diffusées depuis 1966.
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Les programmes exceptionnels pour les fêtes religieuses


En complément des émissions récurrentes du dimanche matin, France 2 et France Culture diffusent également des programmes exceptionnels à l’occasion des fêtes religieuses catholiques (Noël, Ascension, Assomption, la Toussaint) et des grandes fêtes des autres cultes : La Cérémonie du Souvenir pour les juifs, la Nuit du ramadan pour les musulmans, l’Assemblée du désert pour les protestants et, enfin, le Noël et la Pâques orthodoxe pour les orthodoxes. Il est intéressant de noter que la retransmission de la célébration du Noël orthodoxe est la plus ancienne émission religieuse radiophonique, diffusée chaque année sur les ondes nationales depuis 1930. France Culture retransmet également chaque année depuis 1929, en association avec la Fédération protestante de France (FPF), les conférences de Carême catholique et protestant. Ces émissions consistent en six conférences de 30 minutes chacune, diffusées six dimanches de suite, durant les dimanches précédant Pâques. Les conférences de Carême catholiques et protestantes, autrefois programmées à l’antenne le dimanche après-midi à 16 heures, sont diffusées depuis 2014 la nuit (respectivement de 0 heures à 0 h 45 et de 0 h 45 à 1 h 15).

France 2 programme aussi parfois sur son antenne des éditions spéciales pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) à Paris, les visites du Pape en France, ses allocutions et bénédictions, ellessont retransmises généralement au sein de l’émission Le Jour du Seigneur .
 
Par ailleurs, depuis les années 2010, France 2 diffuse une fois par an sur son antenne une matinée spéciale inter-religieuse de 2 heures 30 minutes autour d’une grande thématique choisie par les producteurs des émissions religieuses, et déclinée sous la forme de reportages et d’interventions d’invités appartenant aux différentes traditions spirituelles.

Source : France Télévisions et Radio France.
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Les genres phares des émissions religieuses

Tous les types de programmes sont représentés au sein des émissions religieuses. Hormis la retransmission de directs avec la messe et les différentes fêtes religieuses, les émissions religieuses sont le plus souvent traitées à la télévision et à la radio au travers de magazines, et en particulier des magazines de plateau et débat faisant intervenir des personnalités religieuses sur des sujets d’actualité. C’est le cas, évidemment, du magazine d’avant et d’après la messe dans Le Jour du Seigneur, du magazine de débat Agapè diffusé de 1991 à 2010 dans Le Jour du Seigneur, en association avec Présence protestante,ou encore du magazine court d’actualité Midi moins 7, diffusé après la messe. Ce dernier est le magazine qui a eu la plus grande longévité, puisqu’il est resté au total 23 années à l’antenne du Jour du Seigneur. On trouve également beaucoup de magazines abordant la question religieuse par le prisme de la culture et la littérature (Lire la Bible, livres en main…), de la société, comme la série de 26 minutes Kaïros proposée depuis 2010 avant la messe avec Présence protestante, ou encore le magazine Tombé du ciel, produit par le CFRT et diffusé par LCP de 2009 à 2013, qui mêlait reportages, interviews et analyses d’experts. 
 
Les magazines plateau et reportages sont également les formats privilégiés par les autres émissions de la case Les Chemins de la foi, à l’instar de Mag Bible, diffusé au sein de Présence protestante, ou le magazine de plateau de 30 minutes La Maison de la sagesse, consacrée à l’islam.
 
Par ailleurs, grâce à la politique de création engagée par le CFRT depuis 2006, on voit de plus en plus documentaires de 26, 52 ou 90 minutes, à portée historique, comme, la série Sur les pas de Saint-Paul, diffusée pendant l’été 2000, ou Histoires de croire sur les chrétiens d’Afrique. Pendant le Carême, l’Avent et l’été, des documentaires de 26 minutes sont programmés à 11 h 30 après la messe. 
Source : CFRT.

 Pour tenter de rajeunir son audience, principalement composée de personnes âgées, le CFRT s’est essayé dès le début des années 2000 à d’autres genres, comme l’animation, avec, par exemple, la série Paul, un aventurier de la foi, de 8 fois 7 minutes, produite pour Le Jour du Seigneur et destinée aux enfants. En 2006, le CFRT a également produit pour Le Jour du Seigneur la série jeune public, en marionnettes, Le Temps des fondations, où chaque religion était racontée en 27 épisodes de 7 minutes. À partir de 2014, le CFRT a produit pour France 2 la série éducative de 2 minutes, Les tablettes de la Foi, réalisée à partir d’animation et d’infographies. Et depuis 2016, il produit la série de fiction de format court de 12 fois 2 minutes, Sacristie !, qui est diffusée chaque dimanche à 11 h 55.
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Les émissions religieuses sur les autres chaînes

En plus des émissions traditionnelles du service public, il existe également quelques autres émissions religieuses sur les chaînes françaises. Ces émissions, produites par les chaînes, bénéficient pour la plupart d’une exposition à l’antenne relativement faible, car elles sont diffusées sur des tranches peu regardées, comme la nuit ou très tôt le matin. C’est le cas des lectures évangéliques en direct diffusées par RMC (Christ vous appelle, Radio Évangile et Radio Réveil) et de son émission d’interview/entretien L’Église d’aujourd’hui, encore diffusé chaque dimanche entre minuit et 1 heure. Néanmoins, on trouve parfois des programmes religieux à des heures de plus grande écoute, comme le magazine Tombé du ciel, diffusé chaque mois de 21 h 30 à 22 heures entre 2008 et 2013 sur LCP - Assemblée nationale. Ce programme traitait du fait religieux en société et plus largement de spiritualité. De 2005 à 2012, la chaîne de la TNT Direct 8 (aujourd’hui C8) programmait tous les vendredis de 9 heures à 9 h 40 un magazine de débat de 26 intitulé intitulé Dieu Merci !. RTL a quant à elle proposé de 1978 à 2002 une chronique hebdomadaire de 15 minutes, intitulée Un chrétien vous parle, qui traitait de l’actualité vue sous l’angle religieux.

Source : Ina (chiffres à mai 2017).



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Crédit photo :
- Notre Dame de Paris messe de la nuit de la nativité, Le jour du seigneur, Ina.fr
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  • 1. L’article est le fruit d’une collaboration au sein de l’Ina entre Gautier Poupeau, architecte de données à la direction des Systèmes informatiques et Clément Malherbe, chef de projet au service Expertise, conseil et études de la direction déléguée à l'Enseignement, la Formation et au Conseil. Nous tenons à remercier Laure Baudouin, directrice de l’Unité des émissions religieuses de France Télévisions et Marie-José Godin, responsable Documentation & Archives au CFRT, pour leurs précieux apports d’informations qui ont permis d’enrichir cet article.
  • 2. Dieu m’est témoin est diffusé à 5 h 30 sur Martinique 1ère, à 6 h 40 sur Guadeloupe 1ère, Guyane 1ère, Mayotte 1ère, à 6 h 30 sur Nouvelle-Calédonie 1ère, à 7 h 30 sur Réunion 1ère et Polynésie 1ère, 8 h 10 sur Saint-Pierre-et-Miquelon 1ère et à 11 h 30 sur Wallis et Futuna 1ère.
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