Comment les journalistes radio sont-ils formés ?

Article  par  La Rédaction INAGLOBAL  •  Publié le 13.02.2014  •  Mis à jour le 13.02.2014
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Entretien avec Ziad Maalouf, rédacteur en chef de « L'Atelier des médias » à RFI.
Ziad Maalouf anime « l’Atelier des médias » sur RFI. Il vient de mener une enquête sur la formation radio des journalistes.


Quels étaient pour vous les objectifs de l’étude ? Que vouliez-vous savoir en construisant ce questionnaire ?
 
Ziad Maalouf : Nous co-organisons à Brest, avec Ina Expert, à l'occasion du Festival Longueur d'Ondes, une table ronde portant sur la formation radio des journalistes. L'objectif est de tenter d'en savoir plus sur la manière dont ont été et sont éduqués les professionnels. Nous avons le sentiment que les études de journalisme ont une vision un peu stéréotypée du métier de journaliste radio qui se traduit à l'antenne. Les tranches d'actualité enchaînent trop souvent des éléments très formatés, pratiquement sans créativité sonore. Les animations sont trop semblables et manquent de diversité. Nous avons l'impression aussi que les magazines de radio, élaborés ou non, sont délaissés par les formations. Cela nous semble paradoxal car, en termes de temps d'antenne, ces formats longs occupent une place importante dans les radios de contenu. Avec ce questionnaire, nous souhaitons vérifier ces intuitions, sans porter de jugement. Si presque toutes les écoles axent leur formation sur un certain type de radio, cela doit répondre à une logique. La table ronde sera l'occasion d'approfondir en s'appuyant sur les résultats de l'enquête.
 
 
Précisément, que nous apprend cette enquête ?
 
Ziad Maalouf : Nous ne sommes ni chercheurs ni scientifiques donc ce questionnaire et ses résultats ont une valeur discutable. Ceci étant, il y plusieurs enseignements qui me semblent intéressants. On remarque tout d'abord que dans l'immense majorité des cas, la technique (prise de son, montage, mixage) est absente ou lacunaire dans les formations. C'est une faiblesse évidente qui ne correspond pas au discours des professionnels de radio. Peu admettront qu'ils ne connaissent pas grand chose au son, à ses lois. Pourtant, c'est une réalité et elle me semble regrettable. Moi-même, j'ignore presque tout dans ce domaine. Évidemment, il ne s'agit pas d'être technicien mais de là à ne pas être formé... Par ailleurs, il apparaît clairement que les formes longues d'émissions et les reportages élaborés sont négligés dans les formations. Cela me paraît en inadéquation avec le marché global de l'emploi dans les radios de contenu. À Radio France, les magazines occupent une part majoritaire sur France Culture, France Inter, Le Mouv... Cela dit, une partie importantes des personnes ayant répondu au questionnaire affirment être satisfaites de leur apprentissage.


À la lecture de ces résultats, quelles actions recommanderiez-vous en matière de formation radio ?
 
Ziad Maalouf : Je recommanderais une grande vigilance. Le monde des médias est en mutation. Il me semble que l'avenir de la radio réside dans un renforcement de sa spécificité. Patrick Cohen et Bruce Toussaint sont de grands exemples à suivre. Ceci étant, si une proportion importante d'élèves sortaient de l'école en ayant pour modèle Mehdi Ahoudig ou Yann Paranthoën, cela ne pourrait pas faire de mal à la radio, y compris aux journaux et aux tranches d'info. Les formations ne peuvent pas tout mais elles doivent, il me semble, développer la curiosité, la culture, la technique et la créativité radiophonique. Le font-elles suffisamment ?

> Lire les résultats de l'enquête

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Crédit photo : Jean-Pierre Dalbéra / Flickr
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