Les nouveaux réseaux sociaux qui montent

Article  par  Marine JARA  •  Publié le 23.02.2012  •  Mis à jour le 27.02.2012
[ACTUALITÉS] Tumblr, Pinterest, Instagram … les nouveaux réseaux sociaux se multiplient et voient leur audience croître rapidement. Quels sont les usages qui en sont faits? Quel est leur modèle économique ? 
Difficile de passer à côté du phénomène Pinterest, le « tableau de liège numérique ». Non pas parce qu’il est nouveau - il a été lancé en mars 2010 - mais parce qu’il est devenu à la fin de l’année 2011 l’un des dix réseaux sociaux les plus importants. On dénombre ainsi un petit nombre de réseaux sociaux dont la popularité augmente fortement, jusqu’à les hisser à la hauteur des « historiques» Facebook ou Twitter.
 
Comme Twitter avant eux, ces nouveaux réseaux sociaux se distinguent par une croissance impressionnante et rapide. Ainsi Tumblr repose sur la publication simple de photos, vidéos et textes sur un blog dont on peut choisir ou personnaliser l’apparence. On peut y « suivre » d’autres blogs et « re-blogguer » des publications. Ce n'est pas sa richesse fonctionnelle mais son positionnement qui en a fait le succès : une interface épurée, une utilisation principalement artistique voire confidentielle à ses débuts, Tumblr est aujourd'hui le blog des marques ou des personnalités souhaitant se différencier : Universal Music ou encore Barack Obama sont présents sur la plateforme.


 
Des pages thématiques ont également fait leur apparition, en accord avec la mode de la curation, telles que Mode ou News. Depuis novembre 2010, l’audience de Tumblr a progressé de 131 % pour atteindre 15,9 millions de visiteurs, rien qu’aux États-Unis.
 
Pinterest, est également adepte des records, puisqu’il a atteint les 11,7 millions de visiteurs US en février 2012, ce qui en fait le premier site à passer si rapidement la barre des 10 millions de visiteurs. Élue meilleure startup de l’année par TechCrunch Pinterest est un tableau virtuel, qui permet – grâce à un bouton à installer sur son navigateur -  à ses utilisateurs d’épingler des photos et vidéos, et de les classer par thème puis de  les partager à ses amis. L’utilisateur peut alors « suivre » les tableaux et les publications d’autres profils ou d’autres thématiques. En cliquant sur l’image, l’utilisateur peut être redirigé vers le site d’où elle provient, ce qui fait de Pinterest un incroyable pourvoyeur de trafic.

Instagram, lui, n’atteint pas ces sommets en termes de visiteurs mais est toutefois une des applications les plus populaires, et compte des utilisateurs aussi prestigieux que Barack Obama, encore, ou Justin Bieber. Il s’agit d’une application uniquement disponible sur iPhone, qui propose différents filtres à appliquer sur ses photos et permet de constituer une galerie de photos personnelles.
 

Cette galerie est partagée et on peut s’abonner à celle de ses contacts. Instagram a été désigné application indépendante de l’année 2011 par Apple et compte déjà 500 millions de photos partagées.
 
De nombreux autres réseaux sociaux pourraient être candidats au titre de « nouveau Facebook ». On peut citer Google+, Color, etc. Mais les sites précédemment cités ont cela en commun qu’ils sont basés sur l’expression personnelle et la curation[+][1], et qu’ils captivent particulièrement leurs utilisateurs. En effet, selon comScore, en novembre 2011 les visiteurs de Pinterest passaient en moyenne une heure et demie sur le site dans le mois, et en moyenne 15 minutes par visite, ce qui le place à la troisième place sur l’engagement de ses utilisateurs.

Toutefois, même si face à leur succès ces sites sont fortement valorisés, se pose la question du business model de réseaux dont l’utilisation est totalement gratuite. Ces sites sont, comme l’indique Sahil Lavingia, l’ancien designer de Pinterest, des « moteurs d’expression personnelle » ; ses utilisateurs sont hypers-ciblés, et fournissent ainsi de nombreuses informations sur leurs goûts, leurs envies, leur environnement social, etc.
 

Le réseau Pinterest repose sur ce principe, son business model étant, en partie, lié à l’affiliation, et donc à la modification, par la machine, de certains pins. Ainsi, à chaque fois qu’un clic est fait sur un article renvoyant à un site marchand, et qu’un achat est fait, Pinterest touche une commission de celui-ci. Ce système a suscité un début de polémique, mais cela prouve bien que pour Pinterest, les usagers eux-mêmes sont source de revenu. Si ce n’est pas ce qui permet au site de générer des revenus, selon Ben  Silbermann son co-fondateur,  il s’agit tout de même d’une monétisation dont la plupart des ses concurrents ne disposaient pas à leurs débuts.

Facebook ou Twitter ont désormais dépassé la difficulté de générer des revenus à partir d’un réseau social gratuit pour ses utilisateurs, mais cela n’a été le cas que lorsque le service était déjà populaire. Twitter a lancé il y a peu les pages de marque, permettant les liens sponsorisés, et l’accès à des donnés plus poussées pour les entreprises sur leurs followers. Facebook, lui, après avoir généré des revenus, par l’introduction des Facebook Ads notamment, ou des Facebook crédits ( l’achat de produits virtuels) a enclenché en février 2012 la plus grosse entrée en bourse de la net-economie, chiffrée à 5 milliards de dollars. Que ce soit en termes d’audience ou de revenus, les réseaux sociaux les plus connus n’ont pas de soucis à se faire et semblent durablement implantés. Toutefois, ces nouvelles plateformes viennent coexister à côté de Facebook ou Twitter.

Il n’est pour l’instant pas question de disparition ou de recul des « gros » réseaux sociaux, mais on observe toutefois que les  nouveaux usages qui apparaissent permettent à ces réseaux de niche d’acquérir une popularité forte.  Car finalement, ce sont les utilisateurs et les usages qui font le réseau social, et garantissent son succès - Twitter par exemple, a de nombreuses utilisations (politique, témoignage, etc.), qui ne trouvent leur expression que sur la plateforme de micro-blogging. Sur Instagram, publier ses photos, permet aussi de se positionner, entre créativité et autopromotion. Sur Pinterest, il s’agit de définir un ensemble d’objets, images, références, qui vont former la vitrine de soi que l’on va aimer mettre en avant.
 
Outils d’expression personnelle, ces réseaux semblent donc trouver leur place pour nous aider à construire plus encore nos identités numériques. Reste à savoir lequel sortira son épingle du jeu, et saura perdurer face à des nombreux concurrents qui ne cessent de voir le jour.
 
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Crédits photos :
- Image principale : capture d'écran homepage Pinterest
- Capture d'écran Tumblr
- Capture iPhone compte Instagram de Barack Obama
- Capture d'écran Pinterest
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