Le pouvoir de la recommandation

Article  par  Cédric COUSSEAU  •  Publié le 26.01.2011  •  Mis à jour le 27.01.2011
Logo de l'enquête Pownar
[ACTUALITÉ] CNN a publié une enquête sur le potentiel économique de la recommandation par les internautes en matière de publicité.
Le média américain CNN est à l'origine d'une étude mondiale portant sur l'économie de la recommandation à l'heure des réseaux sociaux et baptisée POWNAR pour "the Power of news and recommendation"[+]. NoteL'article original sur le site de CNN et sa version française sur le site de l'Observatoire des médias édité par Gilles Bruno qui s'est procuré auprès de CNN des documents complémentaires. X [1]. Le bouton "Like" qui signale à ses amis sur Facebook que l'on a apprécié un article ou un produit et le partage de liens sont en effet aujourd'hui au cœur d'une réflexion sur les retombées de ce bouche-à-oreille version numérique.
 
Les résultats avancent ainsi que les articles issus des rubriques, ou des sites ayant pour thématiques, "Économie", "Monde" et "Technologie" sont les plus partagés. Ils indiquent également qu'un internaute partage en moyenne13 liens par semaine, qu'il en reçoit 26 et qu'un filtre s'opère puisqu'il n'en lit que 14. Parmi ces liens, 65% relèvent d'articles de fond ou d'analyse, 19% d'information chaude ("breaking news") et 16% d'histoires divertissantes ou insolites. Les réseaux sociaux avec Facebook en tête constituent le médium de référence pour la recommandation en générant 43% des informations partagées[+] NoteÀ lire également l'article de Damien Grosset à propos des réseaux sociaux et de l'information sur le site E-Marketing.fr et le classement des 10 principaux sites supports de publicité display pour la France (Comscore).X [2] devant le mail (30%), les SMS (15%) et les messageries instantanées de type MSN Live Messenger (12%). L'étude confirme également l'application de la loi de Pareto selon laquelle 80% des résultats sont assurés par 20% des moyens. Ainsi 27% de ceux qui promeuvent des liens assurent la diffusion de 87% des informations partagées. 
 

CNN, qui tente de capter davantage de revenus publicitaires sur ses sites, trouve avec cette enquête une bonne occasion de le faire savoir et communique de bons arguments à l'adresse des annonceurs. Ils auraient donc tout intérêt à investir car, reprend l'étude, l'internaute est beaucoup plus réceptif aux publicités entourant un article lorsque cet article lui a été recommandé par ses proches.

Des études montraient déjà que les téléspectateurs sont plus attentifs à une publicité vantant un type de produit lorsque ce dernier a été évoqué dans le programme précédant l'écran pub. Ce comportement se reproduirait donc en ligne. La recommandation s'avère un outil précieux pour mieux capter un consommateur de plus en plus infidèle et qui tend à se détourner des prescripteurs traditionnels tels que les journalistes, animateurs, enseignants... [+] NoteÀ lire également un entretien avec Olivier Ertzscheid « Les enjeux de la recommandation » sur Nonfiction.fr .X [3] Reste que la recommandation est par nature "sincère", du moins dénuée d'intention commerciale. Si l'industrie publicitaire tente d'en récupérer les codes, n'y a-t-il pas ici un biais ?

Pour autant le secteur de la publicité a toujours joué sur les rouages de la psychologie. Il suffit pour s'en convaincre de se souvenir, par exemple, des méthodes publicitaires de David Selznick qui, en 1947 pour la sortie du film « Duel au soleil », avait conçu une méthode de promotion efficace de recommandation. "Le producteur se procura le nom de tous les barmen des États-Unis et leur fit envoyer une carte manuscrite vantant l'œuvre et la sensualité de la comédienne principale, Jennifer Jones. La carte était signée Joe (...) Chaque barman, à l'aide de quelques clients, chercha qui pouvait bien être Joe, chacun en connaissant au moins un. Quelques temps plus tard, une campagne d'affichage montrait Jennifer Jones en tenue très sexy. Dans tous les bars, on s'écria : C'est le film dont nous a parlé Joe !" 
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