12 évènements qui ont marqué l’histoire de Twitter

Article  par  Xavier EUTROPE  •  Publié le 21.03.2018  •  Mis à jour le 20.03.2018
twitter douze ans, douze dates
Twitter est apparu le 21 mars  2006. En douze ans, le  réseau social est devenu  un géant du web et a révolutionné les codes de la communication. Mais l’éclosion et la croissance du petit oiseau bleu ne se sont pas faites sans difficultés. Retour sur son histoire en douze évènements.

Le premier message est posté sur Twitter  le 21 mars 2006, jour de la fondation du réseau social qui porte alors le nom imprononçable de « Twittr », en référence au site de partage de photos Flickr. Jack Dorsey, co-fondateur et actuel PDG de la société publie alors cette phrase laconique : « Just setting up my twttr », littéralement « juste en train d’installer  mon twttr ». Brièveté, immédiateté, ergonomie : la plateforme web, lancée deux ans après Facebook, répond au développement croissant de l’usage mobile. Elle permet notamment aux utilisateurs  de poster des messages sur Twitter par SMS. Cette façon de publier du contenu est toujours active, quoique toujours indisponible en France. Rapidement, Twitter se présente comme la plateforme où chacun peut discuter des sujets qui l’intéressent, commenter l’actualité en direct ou suivre ses idoles.




L’usage du hashtag se généralise, le 23 août 2007. Chris Messina, un utilisateur du réseau social, propose à l'ensemble de la communauté d'utiliser le symbole « # » (hash, en anglais) pour regrouper les conversations par sujet. Twitter a ensuite intégré cette nouvelle pratique. Le hashtag a fêté ses dix ans l'été dernier. Il mène désormais sa vie aussi bien sur le web qu’en dehors. Dans les publicités, à la télévision, à la radio, dans la communication politique : le croisillon est aujourd’hui partout.




En avril 2009, un utilisateur Twitter atteint le million de followers pour la première fois. L’acteur Ashton Kutcher gagne la course aux abonnés lancée contre la chaîne d’information américaine CNN. La chanteuse Katy Perry est la première personnalité à atteindre 100 millions de followers en juin 2017. Elle est encore aujourd’hui la personne la plus suivie, devançant le chanteur Justin Bieber et l’ancien président des États-Unis, Barack Obama. Caitlyn Jenner, auparavant connue sous le nom de Bruce Jenner, championne olympique de décathlon et personnalité médiatique, est celle qui est passée de zéro à un million de followers le plus rapidement. Il ne lui aura fallu que quatre heures pour atteindre le cap emblématique, le jour de la création de son compte en juin 2015.


En avril 2010, Twitter annonce l'introduction d'un modèle de monétisation reposant sur la publicité. N’importe quel utilisateur peut dès lors s’acheter de la visibilité. Les contenus sponsorisés s’affichent dans les timelines des utilisateurs, bien qu’ils ne suivent pas le compte à l’origine du message. Des comptes institutionnels s’emparent de l’outil pour faire la promotion de certains évènements ou produits. L'offre publicitaire du réseau social s’étoffe ensuite au fil des années avec notamment la possibilité d’insérer des annonces pré-rolls : des messages publicitaires qui s’affichent avant le début des vidéos.


Le 12 septembre 2013, Twitter annonce son introduction en bourse.  Le réseau social fait son apparition à Wall Street deux mois plus tard, le 7 novembre 2013. Si dans les premiers jours la valeur de la société monte en flèche, le bilan des mois suivants est nettement moins positif. Le service annonce des pertes s’élevant à plus de 500 millions de dollars. Les choses ne s’arrangent pas par la suite : en août 2015, le prix des actions descend en dessous de son niveau d’origine. La croissance très lente du nombre d’utilisateurs actifs mensuels du réseau social est l’un des nombreux motifs de mécontentement des actionnaires et plus largement des marchés. C’est pourquoi la vente de Twitter est évoquée à plusieurs reprises dans de nombreux médias. En ce sens, le réseau social est devenu un cas d’école : l’application Snapchat a été régulièrement désignée comme un Twitter bis, prometteur à ses débuts, mais incapable de transformer l’essai une fois arrivée en bourse, malgré des changements dans ses offres. Mais dernièrement, la marque à l’oiseau bleu a montré des signes de combativité. Le 8 février 2018, elle annonce son premier bénéfice net trimestriel, provoquant une envolée du prix de ses actions même si le nombre d’utilisateurs actifs mensuels  n’a pas augmenté.




En janvier 2015, Twitter devient précurseur dans le développement des live vidéo en ligne en achetant la start-up Periscope avant même lancement officiel de l’application dédiée à cette pratique. Le départ, le 26 mars 2015, est agressif : le réseau social bloque l’accès à Meerkat, une application concurrente. En décembre 2016, l’application officielle de Twitter donne la possibilité  à ses utilisateurs de partager des vidéos en direct directement sur la plateforme, sans passer par Periscope.


En novembre 2015, l’étoile du « fav » est transformée en cœur : il est désormais question de « liker » les tweets plutôt que de les « favoriser ». D’une certaine manière, Twitter s’adapte aux usages : si l’étoile avait pour fonction première d’archiver des tweets intéressants, de nombreuses personnes l’utilisaient pour marquer leur accord avec un message ou une opinion. Surtout, Twitter s’aligne sur ce que proposent ses concurrents, notamment Facebook et son pouce en l’air. « Nous souhaitons rendre Twitter plus simple d’accès et plus gratifiant à utiliser, et nous savons que l’étoile pouvait être déroutante par moment, particulièrement pour les nouveaux-venus », annonce le blog officiel de Twitter au moment du changement. L’intention est claire : le réseau social vise un public actif plus large en ciblant notamment les utilisateurs de Facebook. Le 1er mars 2018, Twitter lance tout de même une nouvelle fonctionnalité qui permet de mettre de côté des tweets en toute confidentialité. Une initiative qui fait revivre, au moins dans l’esprit, la petite étoile.


Entre les mois de février et mars 2016, Twitter met en place un fil d’actualité algorithmique qui modifie l’ordre d’apparition des tweets en fonction de la pertinence et de l’intérêt supposé de chacun. Aux origines, lorsqu’un « twittos » se connectait, les tweets de sa timeline s’affichaient par ordre ante-chronologique : le message le plus récent était le premier à apparaître. Le réseau social se distinguait ainsi de Facebook, qui avait fait le choix, dès 2006, de trier ce qui apparaissait dans le fil d’actualité de ses utilisateurs. L’algorithme du site créé par Mark Zuckerberg évolue régulièrement.  Il a d’ailleurs changé très récemment. Si l’on se réfère au site de Twitter, une timeline est aujourd’hui constituée des éléments suivants:
 
  • d’une sélection de tweets, un résumé nommé « au cas où vous l’auriez manqué » lancé en 2015, qui s’affiche après de longs moments d’absence de la plateforme et disparaît une fois le flux rafraichi.  
  •  Des tweets de personnes que les utilisateurs ne suivent pas nécessairement mais avec lesquels certains de leurs contacts ont pu interagir, notamment par des «likes ».
 
À la suite des premiers articles sur cette modification, de nombreuses personnes très actives sur le réseau social font entendre leur mécontentement. Celles-ci arguent notamment que ce changement contribue à rendre Twitter plus semblable à Facebook. Un rapprochement qui séduit plus les investisseurs et les analystes que les utilisateurs

 
Le record du nombre de partages pour un seul tweet est battu. Tout commence le 5 avril 2017, quand Carter Wilkerson, au nombre réduit de followers, publie sur son compte une capture d’écran d’une discussion qu’il a tenue avec le compte officiel de Wendy’s, une chaîne de restauration américaine. « Yo Wendy’s, combien de retweet pour une année de nuggets gratuits ? », demande-t-il. « 18 millions », répond le community manager de la marque. « Considérez que c’est fait », annonce le jeune utilisateur. Et très rapidement, la machine s’emballe : Twitter met en place un hashtag customisé avec un emoji dédié et des entreprises comme Amazon ou Google relaient le message de Carter. Le jeune homme n’engrange finalement « que » 3,6 millions de retweets, mais bat le record détenu par le selfie aux 3,4 millions de partages de la présentatrice Ellen DeGeneres entourée de vedettes du cinéma aux Oscars en 2014. Et soyez rassuré, Carter Wilkerson a tout de même eu le droit à ses nuggets gratuits. Finalement, ce « buzz » a plus profité à Wendy’s, qui a bénéficié d’une campagne de publicité à moindre frais




Dans la catégorie des tweets les plus « likés », un utilisateur se démarque. Avec à son actif huit messages dans le top dix, Barack Obama est un poids lourd. L’ancien président américain récolte notamment 4,6 millions de cœurs pour un tweet publié le 12 août 2017. « Personne ne naît en haïssant quelqu’un d’autre à cause de la couleur de sa peau, de son passé ou de sa religion », écrit-il. Le texte est accompagné d’une photo où on le voit, souriant, avec de jeunes enfants blancs, noirs, asiatiques. Plus tard, son tweet posté le jour de son départ de la Maison Blanche récolte également de nombreux likes (1,86 millions). En mai 2017, un message de la chanteuse américaine Ariana Grande, dont un concert vient d’être la cible d’un attentat à Manchester, devient le deuxième tweet le plus « liké » de l’histoire du réseau social.




La limite emblématique des 140 caractères pour un message est abolie. Pendant très longtemps, cette contrainte était l’une des caractéristiques les plus notables de Twitter. Héritée de la longueur maximum de 160 caractères des SMS, elle obligeait à la concision et à la précision, poussant de temps à autre les usagers à l’exercice de style. Twitter se présentait à ses débuts comme une plateforme de microblogging, rendant cette limitation plutôt cohérente. Sauf que cette restriction frustrait et compliquait la prise en main de la plateforme web pour les nouveaux arrivants. L’allongement de la taille maximale des tweets a été donc régulièrement avancé comme une solution pour rendre le réseau social plus accessible et agrandir sa base d’utilisateurs. En janvier 2016, le passage à une limite de 10 000 signes est évoqué, mais elle ne voit jamais le jour. Presque deux ans plus tard, le 7 novembre 2017, le réseau social annonce que les messages pourront désormais faire jusqu’à 280 caractères dans un ensemble de langues comme le français, l'allemand et l'anglais, mais pas en japonais, où il y a moins de problème, les mots ne dépassant pas en moyenne deux à trois caractères. Twitter expliquera que les messages plus longs sont généralement de meilleurs qualité, provoquent plus d’interactions et ne gâchent pas l’expérience de lecture du flux.

Le 11 décembre 2017, Twitter facilite la création du thread, une option qui lieles messages les uns aux autres de façon à pouvoir créer un bloc texte lisible qui dépasse le cadre du simple tweet. Comme le hashtag, il vise à encourager ou simplifier certaines pratiques. La limite de 140 caractères, qui dominait pendant de nombreuses années, empêchait les plus bavards de dire tout ce qu’ils avaient en tête dans un seul message. Ils avaient alors recours aux « tweetstorms », des messages successifs pour exprimer une même idée, mais qui apparaissaient de manière séparées sur la timeline des utilisateurs, ce qui rendait l’ensemble difficile à lire. Le changement opéré en 2017 s’impose donc comme une petite révolution. D’autant qu’il est également possible d’écrire tous ses tweets au préalable et de publier un thread illimité en une seule fois.

Twitter a connu une histoire riche en rebondissement et changements. Le réseau social a pour lui une image de plateforme sociale où de nombreuses discussions peuvent se mener, qu’elles soient militantes, politiques ou qu’elles portent sur des sujets comme la musique, le cinéma ou la télévision. Mais la croissance de sa base d’utilisateur a ralenti dès 2014, sans réellement reprendre par la suite, posant notamment la question d’un modèle économique viable. Le réseau social a, de plus, connu de nombreux cas de harcèlement ainsi qu’une prolifération des bots (comptes gérés de manière automatique par des logiciels). Jack Dorsey, co-fondateur du service et PDG depuis octobre 2015, a reconnu, dans une série de messages publiés le 1er mars, que Twitter n’avait pas « complètement anticipé ni compris les conséquences négatives sur le monde réel », ajoutant qu’il sollicitait une aide extérieure pour identifier ce qui leur fallait modifier. Rendez-vous en 2021, année des 15 ans du réseau social, pour un nouveau bilan 


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Crédit : 
Illustration Ina - Margot de Balasy
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