Focus sur Activision Blizzard | InaGlobal

Focus sur Activision Blizzard

Statistique  par  Vincent SARRAZIN  •  Publié le 14.05.2013  •  Mis à jour le 14.05.2013
Numéro un mondial des éditeurs de jeux vidéo, la société américaine créée en 2008 par la fusion des géants Activision et Blizzard capitalise sur un faible nombre de licences phares largement déclinées.
Principal actionnaire : Vivendi (62 %)
Date de création : 10 juillet 2008
Chiffre d'affaires 2011 : 4,755 milliards $ (3,568 milliards € ; + 6,9 % par rapport à 2010)
Siège social : Santa Monica, Californie, USA
Président directeur général : Robert Kotick
Président du Conseil d'administration : Jean-Bernard Lévy
 
 
La position actuelle d’Activision Blizzard, numéro un mondial de l’édition de jeux vidéo, a été l’objectif dès sa création en 2008 : en fusionnant deux acteurs majeurs de l’industrie, Activision, Inc. (à l’époque numéro 2 mondial) et Blizzard Entertainment (10e éditeur mondial en 2008), l’ambition stratégique des actionnaires a été d’acquérir le leadership du marché, une position détenue depuis lors pour la quatrième année consécutive. Pour cause première de ce succès, la forte synergie créée par la fusion qui permet à Activision Blizzard d’être présent à la fois sur le marché des consoles (domaine traditionnel d’Activision depuis sa création en 1979, avec nombre de productions multi-supports comme Tony Hawk’s Pro Skater et Guitar Hero) et sur celui des micro-ordinateurs (où l’éditeur Blizzard excelle depuis 1991 avec des licences très populaires comme Starcraft ou Diablo).

Classement des 10 plus grands éditeurs mondiaux par chiffre d’affaires 2011-2012
(en millions d’euros, source : gamecharts.fr
). À noter l’absence dans ce classement des constructeurs/éditeurs Microsoft, Sony et Nintendo.
 
 
Liste des 10 jeux les plus vendus par Activision Blizzard sur Xbox360
(en millions d’unités, source : vgchartz.com)

Alors que les jeux développés par Blizzard Entertainment restent en retrait dans les ventes (puisque uniquement présents sur le marché du jeu PC où les revenus sont souvent bien moindres), la saga Call of Duty éditée par Activision depuis 2003 fait figure de poids lourd pour l’éditeur, surpassant de très loin toutes les autres licences de la firme avec un rythme de parution d’un jeu par an au moment des fêtes de fin d’année. Après les chiffres impressionnants de Call of Duty : Modern Warfare 3 sorti durant l’hiver 2011 (devenu, avec 6,5 millions de copies vendues le jour de sa sortie, le plus gros lancement de tous les temps pour un produit culturel), les ventes de la série sont actuellement sur le déclin depuis la sortie de Call of Duty : Black Ops 2 en 2012.

Répartition des jeux commercialisés sur Xbox 360 et PC par filiale de la compagnie.

Le nombre important de studios de développement détenus par Activision Blizzard permet la production en continu de jeux dans l’univers des licences les plus porteuses de la marque, trois développeurs étant nécessaires pour produire la série Call of Duty.
 


L’essoufflement – pour le moment très relatif – de la série Call of Duty n’est pas un phénomène inconnu pour Activision Blizzard qui se base depuis ses débuts sur une économie de la licence, déclinée le plus possible jusqu’à son essoufflement complet. La série Guitar Hero en a ainsi fait les frais, produite au rythme d’un jeu par an entre 2006 et 2010 jusqu’à son abandon au moment où l’éditeur a jugé les marges insuffisantes. Et si Activision Blizzard possède un grand nombre de produits forts, la société devra plancher sur une nouvelle licence vedette pour remplacer Call of Duty au cas où la baisse de régime de la série s’affirmerait.
 Nous ne voulons pas d’un jeu que nous ne pouvons pas user jusqu’à la corde […], qui ne pourrait pas être exploité chaque année sur toutes les plates-formes pour devenir une franchise à 100 millions $. - Robert Kotick, PDG d’Activision Blizzard.  









La branche distribution de la compagnie a été portée ces dernières années par le succès de la série Skylanders, qui commercialise des jouets pour enfants liés à une série de jeux. Mais à l’image d’une grande partie de l’industrie du jeu vidéo depuis le début des années 2000, les activités les plus lucratives d’Activision Blizzard sont tournées vers le secteur des jeux sur consoles de salon. La part majoritaire des produits Activision par rapport aux produits Blizzard (réservés au marché du PC) dans le chiffre d’affaires s’explique ainsi par les forts volumes de vente enregistrés par ces jeux. Mais si Blizzard produit moins de jeux et totalise moins de volume de vente qu’Activision, l’ancien éditeur n’en reste pas moins hautement profitable grâce à World of Warcraft et à ses abonnements mensuels qui dégagent des bénéfices continus depuis la sortie du jeu en 2004.

La manne World of Warcraft ne sera cependant pas éternelle, elle a même commencé à sérieusement décroître (la part des abonnements dans le chiffre d’affaires de l’éditeur ayant diminué de 33 % entre 2010 et 2012) au fur et à mesure que l’industrie du jeu vidéo se tourne vers le free-to-play et les jeux mobiles et que le modèle des jeux à abonnement, populaire au lancement de WoW en 2004, ne séduit plus. Et si Activision Blizzard a démontré quelques volontés timides de se diversifier (à travers sa plate-forme de social gaming pour mobiles ou son Call of Duty Online, free-to-play à destination du marché chinois), nul doute que ces initiatives arrivent en retard par rapport à ses concurrents occidentaux Electronic Arts et Ubisoft qui ont déjà bien engagé le virage des jeux nouvelle génération.








Répartition du chiffre d’affaires net 2011/2012 d’Activision Bizzard par branche, par support  et par zone géographique (source : Activision Blizzard
).

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