2010 : une bonne année pour le cinéma américain

Article  par  Matthieu HERVE  •  Publié le 28.03.2011  •  Mis à jour le 29.03.2011
[ACTUALITÉ] En 2010, les résultats financiers d’Hollywood ont de nouveau été florissants. Le total des recettes enregistré au box-office a atteint 31,8 milliards de dollars.
En 2010, les résultats financiers d’Hollywood ont de nouveau été florissants. Le total des recettes enregistré au box-office a atteint 31,8 milliards de dollars, soit une hausse de 8 % par rapport à 2009, selon un rapport récemment publié par la Motion Picture Association of America (MPAA), lobby défendant les intérêts de l’industrie cinématographique américaine.

Malgré une baisse de fréquentation de 5,4 % aux États-Unis et au Canada par rapport à 2009 (le déclin le plus important enregistré depuis 2005, avec -8,1 %), la ramenant à la hauteur de celle de 2008, avec 1,34 milliards de billets vendus, les recettes internationales ont, quant à elles, augmentées de 13 % entre 2009 et 2010.

Cette année, selon les estimations du Hollywood Reporter, l’exportation des films américains a battu de nouveaux records. Au total, le marché international a représenté 20,5 milliards de dollars en 2010 pour l’industrie cinématographique d’Hollywood contre 19,3 milliards en 2009. Les six principaux studios américains (Disney, Fox, Paramount, Sony, Universal et Warner Bros.) ont généré 12,7 milliards de dollars de recettes à l’export, soit 18,7 % d’augmentation par rapport à 2009.



Les studios de cinéma Warner Bros. et Fox dominent le classement des meilleurs exportateurs avec chacun 2,92 milliards de dollars de recettes. Warner Bros. a notamment profité des succès de Harry Potter et les Reliques de la Mort – partie 1 (610 millions), Inception (531 millions). Fox s’est reposé sur la performance d’Avatar à laquelle s’ajoutent toutefois les résultats de Night and Day (186,2 millions). Grâce à Alice au Pays des Merveilles et Toy Story 3, Disney a compté 2,3 milliards de dollars de recettes à l’export. Enfin, la Paramount, a engrangé 1,98 milliard de dollars, Sony, 1,38 milliard et Universal, 1,2 milliard.



La croissance la plus importante
a été enregistrée en Amérique latine, avec un bond de 25 %, suivie de près par la région d’Asie du Pacifique, avec une hausse de 21 %, dans laquelle la Chine compte pour 40 % des entrées. Viennent ensuite, l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient qui ont généré des recettes de 10,4 milliards de dollars, soit environ la moitié des recettes globales.

Bob Pisano, président du MPAA, a déclaré "qu’en dépit d’une faiblesse de l’économie, en déplaçant les modèles d’affaires, ainsi qu’en profitant de l’effet continu du numérique, nous avons eu une autre année record au box-office, liée à une croissance importante hors des États-Unis et du Canada".

Par effet continu du numérique, M. Pisano évoquait entre autre l’attrait du public pour les nouvelles formes artistiques permises par cette technologie, et plus particulièrement la 3D. Car l’effet de la prime de prix des billets des films en 3D (liée à la location des lunettes spécifiques) a eu une incidence majeure sur les recettes au box-office.

Avatar, de James Cameron, a largement ouvert la voie à ce type de film avec un nombre d’entrées record à l’international et en rapportant 1,48 milliard de dollars pour la seule année 2010. Au total, le long métrage a généré 2,02 milliards de dollars hors des États-Unis et du Canada. Le nombre croissant de films proposés en 3D et le surcoût lié à ces places ont en effet largement profité aux majors hollywoodiennes pour atteindre ce record.

Les films en 3D représentaient 21 % (2,2 milliards de dollars) du total des recettes, soit près du double du niveau de 2009. Une personne sur trois aux États-Unis et au Canada a vu un film en 3D en 2010. En revanche, les recettes provenant des films 2D ont diminué de 11 % en 2011, passant à 8,4 milliards de dollars. Il semble donc logique d’estimer que cette hausse importante du prix des billets a largement contribué à équilibrer les résultats financiers des films américains.

Enregistrant pour le huitième week-end consécutif un recul important de la fréquentation des salles nord-américaines par rapport à l’année dernière (dopées à la même période par le succès d’Avatar), il y a de grandes chances pour que les studios américains suivent la même stratégie qu’en 2010. En effet, il y a fort à parier que les studios s’appuieront sur l’attrait que suscitent les technologies innovantes sur les spectateurs pour pallier leurs difficultés à se renouveler. Les studios pourront également puiser dans leurs ressources pour affirmer leur position sur des marchés qui n’étaient, jusque-là, pas leurs cibles traditionnelles, comme la Chine ou l’Afrique.


Crédit photo : albertizeme/Flickr

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