Depuis quand les Français sont-ils accros aux séries TV ?

Article  par  Marjolaine BOUTET  •  Publié le 24.04.2014  •  Mis à jour le 17.04.2015
Depuis une dizaine d’années, les séries TV (américaines en particulier) font les beaux jours des audiences des chaînes françaises. Pourtant, cette fièvre n’est pas aussi récente qu’on veut bien le croire…

Sommaire

Longtemps méprisées comme des « sous-produits culturels », accusées d’être des agents de « décérébration » des masses avec Dallas en exemple canonique, les séries télévisées américaines sont considérées depuis une quinzaine d’années en France comme des « modèles », voire des chefs d’œuvre, face auxquels nos productions hexagonales font pâle figure, et dont il faudrait à tout prix s’inspirer pour « exister », ou même survivre, sur un marché audiovisuel de plus en plus globalisé. L’histoire de la programmation de ces fictions à épisodes, étrangères ou nationales, révèle parfaitement la relation complexe des Français, et plus particulièrement des dirigeants des chaînes de télévision, avec ces programmes de divertissement dont ils ne sauraient se passer tout en culpabilisant de les aimer autant.

L’industrie américaine vs l’artisanat français

Aux États-Unis, dès les années 1940, la grille des programmes de la télévision s’est calquée sur celle de la radio, avec des programmes commençant à l’heure fixe ou à la demi-heure. Les soirées ont été immédiatement occupées par du divertissement et, dès les années 1950, le principe de la fiction à épisodes, destinée à fidéliser les téléspectateurs et à leur vendre 16 minutes de publicité par heure (contre 44 minutes de fiction), était devenu la règle d’une industrie audiovisuelle en plein essor. En produisant plusieurs centaines d’heures de fiction par an, selon un calendrier d’une extrême régularité (de septembre à mai, avec une interruption en décembre) et des formats immuables (22 minutes pour les comédies, 44 minutes pour les drames), Hollywood était devenue le « robinet à séries » pour la population américaine d’abord, et le reste du monde ensuite[+] NoteEn 1978, produire une heure de fiction originale française coûtait 1 million de Francs, tandis que l’achat d’un épisode de série télévisée américaine coûtait vingt fois moins cher (52 000 F).X [1].
 En France la fiction audiovisuelle à épisodes a, dès le départ, été méprisée par les pionniers de la Radio Télévision Française             
En France, en revanche, la fiction audiovisuelle à épisodes a, dès le départ, été méprisée par les pionniers de la Radio Télévision Française : dans une grille des programmes uniquement scandée par les rendez-vous de 13h et 20h pour les informations télévisées et qui fait la part belle aux programmes éducatifs (documentaires, reportages, débats, jeux) ou culturels (théâtre, cinéma, variétés et concerts filmés), le « télé-feuilleton » fait figure de parent pauvre, au mieux diffusé juste avant ou après le journal télévisé.
 
Les deux premiers feuilletons télévisés français, Agence Nostradamus et Les Aventures de Télévisius ont été tournés pratiquement « en douce » par Claude Barma et Christian Delanault dans les studios déserts de Cognac-Jay pendant l’été 1949, et la durée des épisodes était aussi aléatoire que leur montage.
 
Agence Nostradamus, « Double enquête chez l’astrologue », 11 octobre 1950
 
Au cours des deux décennies suivantes, les fictions françaises à épisode ont gardé cet aspect « artisanal » : peu de moyens, souvent confiés à des débutants, elles faisaient parfois preuve d’une réelle inventivité (ex : La famille Anodin et ses décors peints ; Juliette détective privé diffusée en direct depuis une capitale européenne différente chaque semaine), voire de grandes qualités esthétiques (Belphégor) ou narratives (Les Cinq Dernières Minutes).
 Les fictions françaises de la RTF se caractérisaient surtout par un grand soin accordé au son Mais les fictions françaises de la RTF se caractérisaient surtout par un grand soin accordé au son : génériques aisément reconnaissables, voix remarquables des acteurs (Jean Topart, Raymond Souplex), importance de la musique car les écrans étaient encore très petits et les défauts de l’image (grains, vibrations) fréquents, surtout dans les zones rurales. La différence était frappante avec les séries américaines et britanniques qui, à la même époque, remplissaient les grilles des jeudis et samedis après-midi dans le cadre d’émissions destinées à la jeunesse : les cascades et les combats de Hopalong Cassidy, Zorro, Ivanhoé et bien d’autres contrastaient avec un doublage souvent fait à la va-vite, par des acteurs au timbre très théâtral.
Revenir au sommaire

Une amélioration progressive de la qualité des fictions à épisodes

 À partir de la deuxième moitié des années 1960, la qualité et la quantité des séries télévisées augmentent pour contrer la concurrence de RTL et TMC À partir de la deuxième moitié des années 1960, la télévision est devenue un média de masse en France, et la qualité et la quantité des séries télévisées augmentent pour contrer la concurrence de plus en plus nette de Radio-Télé-Luxembourg (RTL) et Télé-Monte-Carlo (TMC) dans l’Est et le Sud-Est de la France. Leurs grilles de programmes essentiellement composées de jeux et de séries anglo-saxonnes ont en effet séduits les ménages populaires, prêts à s’endetter sur plusieurs années pour avoir accès à ces programmes mais qui boudent les programmes élitistes des chaînes françaises. L’ORTF, avec désormais deux chaînes (1964), propose alors de plus en plus de fictions à épisodes à ses téléspectateurs, misant sur le divertissement : les séries historiques adaptées de romans populaires du XIXe siècle (Belphégor, D’Artagnan, Vidocq, Jacquou le Croquant) alternent en soirée avec des séries américaines comme Mission : Impossible, La Quatrième Dimension, Les Envahisseurs, etc. Avant le journal de 20h, des feuilletons ancrés dans le quotidien des Français (Janique Aimée, Allo police, L’homme du Picardie) font écho aux enquêtes sociales du Commissaire Maigret proposées en soirée.

Belphégor, épisode 1 « Le Louvre », 6 mars 1965
 
 Les années 1970 marque un « âge d’or » des séries françaises, qui deviennent de plus en plus ambitieuses et privilégient les fresques historiques En 1970, la diffusion de la saga historico-familiale britannique La dynastie des Forsyte est un immense succès et, profitant des revenus supplémentaires induits par l’autorisation de la publicité à l’antenne à partir de 1971, les séries françaises deviennent de plus en plus ambitieuses, privilégiant les fresques historiques. La famille Boussardel, Les gens de Mogador, Les Thibault, Les rois maudits, Le pain noir, Les Dames de la Côte, mais aussi Arsène Lupin, Les Brigades du Tigre, L’île mystérieuse, marquent une sorte d’âge d’or des séries françaises, qui soutiennent vaillamment la comparaison avec leurs concurrentes étrangères (toujours largement diffusées à l’antenne).

Les rois maudits, épisode 1 « Le roi de fer », 21 décembre 1972
 
Au tournant des décennies 1970-80, les séries françaises vont même s’essayer à la peinture sociale plus actuelle et plus critique avec Médecins de nuit, Opérations trafics et Julien Fontanes. À cette époque, les programmateurs de TF1 et Antenne 2 privilégiaient la variété de l’offre : les séries étaient diffusées à raison d’un seul épisode par soirée et par semaine, précédées ou suivies d’une émission culturelle (variétés, débats, émission littéraire comme Apostrophes), et on en trouvait sur l’une ou l’autre chaîne pratiquement tous les soirs. Le format le plus fréquent est alors l’épisode de 55 minutes (le feuilleton de 13 minutes précédant le journal de 20h est abandonné en 1976), et critiques comme téléspectateurs ne distinguent pas entre séries françaises et séries américaines. Le samedi après-midi, La Une est à vous donnait au public le pouvoir de choisir les séries programmées en votant par téléphone entre deux propositions classées par genre (western, aventure, espionnage, etc.).
Revenir au sommaire

Le choc Dallas

 En 1981, la diffusion de Dallas sur TF1 lance un tout nouveau débat autour des qualités respectives des séries françaises et américaines Mais à partir de janvier 1981, la diffusion de Dallas sur TF1 lance un tout nouveau débat autour des qualités respectives des séries françaises et américaines. Les intellectuels fustigent en masse « l’apologie de la vénalité et des mauvais sentiments »[+] NoteMichèle MATTELART, « quels programmes pour quelle internationalisation ? », Réseaux, avril 1985, p. 62-64.X [2], tandis que le public se passionne pour les multiples rebondissements des aventures de la famille Ewing (de façon modérée toutefois puisque la série américaine rassemble 21 % du public le samedi soir, tandis que la française Médecins de nuit séduit 29 % des téléspectateurs en semaine). Quoi qu’il en soit, Dallas réveille le vieux complexe français face au « géant américain. » La spécialiste des médias Michèle Mattelart écrit dans la revue Réseaux en 1985 : « la fascination (sur laquelle joue d’ailleurs un marketing de la cherté, vantant les budgets mirobolants et les fabuleuses recettes réalisées en un temps record par les dernières surproductions US) est l’autre visage du complexe d’assisté que nous éprouvons en tant que ressortissants des Etats-providence nés du keynésianisme.
C’est l’image même de notre capitalisme mou, honteux de devoir attendre que l’Etat dresse le théâtre pour que s’exprime notre inventivité, notre créativité, confus de ne pouvoir mettre en scène que l’histoire passée et de laisser à d’autres le soin de nourrir la mémoire du futur. »[+]
[3]
À la veille de la privatisation de TF1[+] NoteTF1 est attribuée au groupe Bouygues en avril 1987.X [4], Dallas a déjà converti la télévision française à la dynamique de l’entertainment, abandonnant allégrement toute ambition esthétique ou narrative. Ainsi, Le Film français du 18 février 1983 annonce : « conçue par deux équipes de scénaristes, [ce Dallas à la française] de 26 épisodes racontera l’histoire d’une famille, propriétaire d’un grand quotidien de la presse régionale… Antenne 2 réalise la série en coproduction avec un consortium de sociétés privées qui se sont réunies pour l’occasion. Le tournage devrait débuter fin 1983 et, en cas de succès, 26 épisodes supplémentaires seront mis en chantier. La programmation se fera par rafales de 13 épisodes, diffusés hebdomadairement à partir de septembre 1984. » Il s’agit de Chateauvallon, succès public mais échec critique et commercial (car malgré ces bonnes audiences de départ, le feuilleton s'est arrêté trop tôt et une mauvaise gestion a nui à la rentabilité de l'opération)[+] NoteLa véritable raison de l'arrêt du feuilleton est l'accident de voiture de Chantal Nobel le 28 avril 1985 (en compagnie de Sacha Distel qui était au volant), qui lui a laissé des séquelles irréparables après 40 jours de coma.X [5].
Revenir au sommaire

Du mépris au complexe d’infériorité

Avec la privatisation de TF1, ainsi que la création de La Cinq et de M6 (1986), toutes les chaînes de télévision française (Antenne 2 et FR3 comprises) vont être peu ou prou emportées par la mode de « l’argent roi » des années 1980-1990 : les animateurs de jeux et d’émissions de variété règnent en maîtres sur les soirées des téléspectateurs. En matière de fiction, les chaînes de télévision – qui financent désormais majoritairement le cinéma français avec la taxe de 5,5 % de leurs revenus instaurée en 1993 – proposent principalement des films. Les séries télévisées américaines sont reléguées au statut de programme de « remplissage » des grilles de journée, tandis que les séries françaises abandonnent le format 55 minutes pour passer systématiquement à 90 minutes (Commissaire Maigret, Commissaire Navarro, Julie Lescaut, L’Instit’), un format plus proche des films de cinéma, des téléfilms unitaires et des émissions de variété qui permet donc d’unifier les grilles de programmation. La mauvaise image de La Cinq, qui a diffusé entre 1986 et 1992 principalement des séries américaines médiocres, puis des sitcoms AB produites à la chaîne pour distraire la jeunesse, achèvent de discréditer la valeur culturelle des séries télévisées en France.
 
Mais au même moment, l’apparition des chaînes câblées, et en particulier de Canal Jimmy, fait découvrir à un petit cercle d’initiés des séries américaines en pleine réinvention outre-Atlantique : Friends, Seinfeld, Twin Peaks, Profit sont diffusées en version originale sous-titrée comme dans un cinéma d’art et d’essai, et abondamment commentée par les journalistes Alain Carrazé et Jean-Pierre Dionnet dans l’émission Destination Séries.
 À la fin des années 1990, une véritable lutte pour la légitimation de ces objets culturels s’engage 
Au cours de la deuxième moitié des années 1990, France 2 ose diffuser Urgences le dimanche soir (face au « grand film du dimanche soir » de TF1) et rencontre le succès à la fois public et critique, tandis que M6, poursuivant sa logique de contre-programmation, fait découvrir X-Files, Buffy contre les Vampires et Ally McBeal aux adolescents et jeunes adultes. Dès lors, une véritable lutte pour la légitimation de ces objets culturels s’engage en France : les magazines comme Génération Séries et les livres se multiplient (avec par exemple la maison d’édition Huitième Art).
Revenir au sommaire

Le contre-choc des années 2000

Mais le véritable contre-choc arrive au début des années 2000 avec la découverte des Sopranos et de 24 heures chrono : les Cahiers du Cinéma consacrent des numéros spéciaux aux séries américaines, et celles-ci sont de plus en plus régulièrement diffusées en première partie de soirée à partir du milieu des années 2000. Dès lors, TF1 et France 2 remplissent leurs soirées de début de semaine de séries télévisées (majoritairement américaines, avec quelques créations originales françaises), tandis que M6 prend le relais avec des séries américaines en fin de semaine. Canal Plus diffuse une création originale le lundi soir et une série américaine le jeudi soir. Le jeudi soir est également le jour choisi par Arte pour ses fictions à épisodes, se retrouvant également face à la fiction française originale de TF1[+] NoteIl est intéressant de noter que désormais le jeudi soir est aussi aux États-Unis, et ce depuis des décennies, la soirée la plus concurrentielle pour les fictions à épisode.X [6]. De leur côté, les chaînes de la TNT diffusent ou rediffusent massivement séries françaises et étrangères à toute heure. Les fictions à épisode et les émissions de téléréalité ont quasiment fait disparaître les émissions de variété, de débats et/ou de retrouvailles typiques des années 1980/90.
 Le contre-choc arrive au début des années 2000 avec la découverte des Sopranos et de 24 heures chrono  

Toutefois, les épisodes des séries américaines sont diffusées par « paquets » de trois pour continuer à correspondre à la « grille des programmes » existante, et souvent dans le désordre comparé à leur diffusion originale aux États-Unis, sans aucun égard pour des lignes narratives de plus en plus complexes et suivies (procédé systématisé outre-Atlantique précisément depuis… Dallas). Du côté des séries françaises, le format 90 minutes est abandonné : on revient au format 52 minutes, désormais diffusé à raison de deux épisodes par soirée. Dans l’ensemble, la réalisation est de plus en plus léchée, par imitation des séries américaines, mais les dialogues et le scénario pèchent souvent par manque de vraisemblance ou d’ancrage dans une réalité sociale française précise.
 
Surtout, le petit nombre d’épisodes produits, diffusés trop rapidement en deux ou trois soirées, ne permet pas ce pour quoi les fictions télévisées à épisodes ont été conçues à l’origine : fidéliser les téléspectateurs. Les grilles de prime-time de la télévision française sont encore tributaires de l’ancienne domination du modèle cinématographique alors que les films de cinéma sont de moins en moins nombreux à cet horaire. À l’inverse, les formats courts (des shortcoms de quelques minutes diffusées avant ou pendant les journaux télévisés et le feuilleton au long cours Plus Belle la Vie), en abandonnant toute ambition visuelle faute de budget conséquent, livrent parfois des petits bijoux d’humour et/ou de scénarisation. Il apparaît que les fictions françaises à épisodes se caractérisent toujours, comme à leur début, par un mode de production artisanal et une grande variété de format ne permettant pas leur regroupement en grands genres et/ou époques comme les séries télévisées américaines produites de façon industrielle.
 
L’histoire de la programmation des séries télévisées en France est révélatrice de la relation complexe des Français avec la culture populaire en général, et la fiction télévisuelle en particulier : un manque d’intérêt des dirigeants qui offre à la fois peu de moyens et encore moins de reconnaissance, mais aussi paradoxalement quelques plages de créativité occupées à la dérobée par des artisans débrouillards et passionnés. Le rapport des élites aux séries américaines, sur le mode du « je t’aime, moi non plus » témoigne pour sa part d’une incompréhension récurrente de la culture populaire états-unienne, trop souvent considérée en dehors de son contexte social de production et des rapports étroits avec la société à laquelle elle s’adresse en priorité, ce qui aboutit à un mépris exagéré de ses productions les plus populaires et une « panthéonisation » hâtive de certains « chefs d’œuvre », de préférence « incompris là-bas. » Le problème principal de la programmation de séries télévisées en France semble être la peur de la récurrence, de l’installation d’un programme dans la durée, qui permet seul un véritable dialogue et une complicité avec le public qui le regarde, mais nécessite une prise de risque et un investissement important de la part des chaînes. À ce titre, Plus Belle La Vie fait bien sûr figure d’exception qui confirme la règle.

Soir 3 journal, 29 août 2004

--
Crédit photo : visuel presse / France Télévisions
Revenir au sommaire

Références

Nils AHL et Benjamin FAU (dir.), Dictionnaire des séries télévisées, Paris, Phillipe Rey, 2011

Jérôme BOURDON, Du service public à la téléréalité : une histoire culturelle des télévisions européennes, Paris, INA-Le Bord de l’eau, 2011

Marjolaine BOUTET, Les séries télé pour les Nuls, Paris, First, 2009

Agnès CHAUVEAU et Yannick DEHÉE (dir.), Dictionnaire de la télévision française, Paris, Nouveau Monde Éditions, 2007

Patrick EVENO et Denis MARÉCHAL (dir.), La culture audiovisuelle des années 1960-1970, Paris, L’Harmattan, 2009
Revenir au sommaire
  • 1. En 1978, produire une heure de fiction originale française coûtait 1 million de Francs, tandis que l’achat d’un épisode de série télévisée américaine coûtait vingt fois moins cher (52 000 F).
  • 2. Michèle MATTELART, « quels programmes pour quelle internationalisation ? », Réseaux, avril 1985, p. 62-64.
  • 3.
  • 4. TF1 est attribuée au groupe Bouygues en avril 1987.
  • 5. La véritable raison de l'arrêt du feuilleton est l'accident de voiture de Chantal Nobel le 28 avril 1985 (en compagnie de Sacha Distel qui était au volant), qui lui a laissé des séquelles irréparables après 40 jours de coma.
  • 6. Il est intéressant de noter que désormais le jeudi soir est aussi aux États-Unis, et ce depuis des décennies, la soirée la plus concurrentielle pour les fictions à épisode.
Vous souhaitez nous apporter un complément, rectifier une information ? Contactez la rédaction