Astral : un grand groupe canadien méconnu

Article  par  Christopher AGUSTIN  •  Publié le 23.02.2011  •  Mis à jour le 12.09.2013
Le groupe Astral fait partie des grands acteurs audiovisuels du paysage canadien. Il est aujourd'hui l'acteur incontournable au Canada en radio, télévisions thématiques et affichage.

Sommaire

Le groupe Astral (anciennement Astral Media) fait partie des principaux acteurs audiovisuels du paysage canadien. Créé en 1961 par les frères Greenberg (Harold, Harvey, Sidney et Ian), le groupe a subi diverses mutations pour se recentrer à 100% dans les médias à partir des années 1990.
 
Au-delà de sa progression organique, le groupe a développé une stratégie de croissance externe exceptionnelle, sachant repérer les partenariats importants, saisir les opportunités de marché et faire fructifier son savoir-faire. Astral reste exclusivement centré sur le marché canadien, tant sur les territoires francophones que les territoires anglophones. Il est à la fois le plus grand diffuseur de chaînes TV gratuites et payantes et le plus grand groupe radio au Canada avec 21 chaînes de télévision et 83 stations de radio. 
 
Parfois décrié par ses téléspectateurs qui l’accusent de faire le jeu des firmes américaines, le groupe tente, face à sa croissance par le biais de fusions acquisitions, de se forger une identité unique et une cohésion globale, comme en témoignent la récente transformation de son nom (« Astral Media » devenant simplement « Astral ») et l’affirmation systématique de son identité visuelle et sonore (jingle présent sur toutes les stations, logo sur toutes les communications des entités du groupe).

Après cinquante ans de croissance externe, Astral envisage t'il à présent d'affirmer et d'approfondir l'identité de ses actifs: performance, imagination, passion et intégrité ?

Des produits grands publics aux services audiovisuels

À sa création au début des années 1960, le groupe Astral est présent dans des secteurs connexes aux médias. C’est avec le développement de boutiques photo (Astral Photo) à destination du grand public que le groupe se crée. Fort de 125 boutiques au Canada sept ans après sa création, il poursuit son développement auprès des professionnels en rachetant la société Pathé Humphries (Toronto) puis l’Associated Screen News Industrie (Montréal), entreprises qui possèdent des laboratoires de développement de pellicule et des studios de cinéma. En 1973, Astral continue sa progression dans le secteur du service aux professionnels en fusionnant avec Pathé Bellevue, spécialisé dans la distribution cinéma et TV.

Ayant ainsi mis un pied dans le cinéma, le groupe Astral se lance alors dans le métier de producteur en développant pour le marché canadien des films, des mini séries et des émissions télévisées.
La stratégie initiée à ses débuts subit une inflexion dans les années 1980. Le groupe profite d’opportunités pour se positionner sur le métier d’éditeur TV dès 1983, en rachetant deux chaînes de télévision payantes (l’une en langue française « Premier Choix » et l’autre en langue anglaise « First Choice ») à leur société fondatrice First Choice Canadian Communication. Cette modification stratégique a des implications directes sur le périmètre du groupe puisqu’Astral est contraint par le régulateur (Conseil de la Radiodiffusion et des Télécommunications - CRTC) de cesser toutes ses activités de production pour respecter les règles canadiennes de séparation entre producteurs et diffuseurs.
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La télévision thématique : opportunité d'un groupe média en devenir

Astral Media, d’origine québécoise, fait le choix du développement dans des chaînes thématiques.

Dans les années 1970 et 1980, la partie française du marché télévisuel hertzien généraliste canadien est en pleine évolution : au-delà du service télévision de la société publique « CBC / SRC » (« Canadian Broadcasting Corporation » / « Société Radio Canada ») qui a débuté ses émissions télévisées en 1958, le Québec voit l’arrivée en 1975 en hertzien de Télé Québec (entité publique financée par l’État Québécois). Parallèlement, le secteur hertzien privé se structure autour de deux acteurs, le réseau « TVA » (à partir de chaînes locales) en 1971, puis « TQS » (« Télé Quatre Saisons ») en 1984. À cette date, le marché hertzien généraliste québécois semble être saturé. Astral fait le choix d’investir dans le média télévisuel, mais également, fort de son expérience des chaînes câblées cinéma, de capitaliser sur ce marché du câble et des chaînes thématiques. Cette stratégie s’est avérée payante et Astral est devenu progressivement l’un des acteurs majeurs des offres et des chaînes thématiques au Canada francophone, mais également anglophone.
 
Après le lancement de chaînes spécialisées en cinéma (côté francophone puis anglophone) au début des années 1980, le groupe se lance en 1988 dans des thématiques familiales avec deux chaînes jeunesse, « Family Channel » et « Canal Famille ».
 
Dans les années 1990, le groupe multiplie les lancements : « Viewer’s Choice », service anglophone de pay-per-view naît en 1991, « First Choice » et « Premier Choix » deviennent « The Movie Network » et « Super Ecran » en 1993, la chaîne documentaire « Canal D » et la chaîne cinéma « Mpix » sont lancées en 1995, puis en 1996 une nouvelle chaîne pay-per-view en français « Canal Indigo » (40% Astral, 20% TVA, 20% TQS, 20% Cogeco) est créée puis revendue en 2009 à Videotron/Quebecor.
 
En 1997, le groupe lance avec Baton Broadcasting, Shaw Communication et le Festival Juste Pour Rire la chaîne « The Comedy Network » dont elle possède 15% du capital ; elle s’en dégagera en 2001 au profit de Corus Entertainment. En 1998, elle crée les chaînes francophones et anglophones « Télétoon » et « Teletoon ».
 
Le groupe se renforce également en étendant  ses participations : il devient en 1997 propriétaire à 100% de la filiale « Les Réseaux Premier Choix » éditant « Super Ecran », « Canal Famille », « Vrak TV » et « Canal D ».
 
Deux ans plus tard, Astral achète le groupe Radiomutuel, devenant ainsi propriétaire à 100% des chaînes thématiques « Canal Vie », « Canal Z/Ztélé » et « Télé Annonce », et à 50% de « MusiquePlus » et « Musimax ».
 
En 2000, le groupe lance en collaboration avec Alliance Atlantis les chaînes thématiques « Historia » et « Séries+ ». En 2001, elle se renforce dans « Télétoon/Teletoon » et rachète à 100% « The Family Channel ». Entre 2005 et 2008, le groupe lance la chaîne francophone « Cinépop » dédiée aux classiques du cinéma, devient actionnaire à 100% de MusiquePlus Inc. (chaînes « MusiquePlus » et « Musimax ») et lance « Télétoon / Teletoon Retro » ainsi que « Playhouse Disney ». Enfin, le groupe crée, en collaboration avec Corus Entertainment, « HBO Canada », canal multiplexe de « The Movie Network ».

 
 
Pour financer ces nombreux développements, le groupe fait preuve de volontarisme dans son repositionnement, soit en vendant des actifs non stratégiques, soit en faisant alliance avec des partenaires. En 1996, la nouvelle stratégie 100% médias pousse la direction à se désengager totalement de ses métiers de base, et à vendre les actifs historiques ainsi que les activités fondatrices du groupe (la division photo, la distribution de programmes audiovisuels, les services techniques et la reproduction de CD). En 2000, le groupe solde ces investissements passés en cédant ses actifs de reproduction et de distribution vidéo d’Astral Tech, ainsi que la participation dans le studio de doublage Covitec.
 
Parallèlement à ces cessions, le groupe n’hésite pas à s’allier avec ses concurrents lorsque cela est utile pour son développement. Ainsi, il a collaboré avec Alliance Atlantis pour lancer les chaînes « Historia » et « Séries+ », avec Corus Entertainment sur la thématique jeunesse : « The Family Channel », « Télétoon / Teletoon », et dernièrement avec HBO Canada. Ces alliances, sous forme de joint-venture, n’excluent pas l’appétit du groupe, capable de prendre des participations dans des groupes puis de les racheter en temps utile.
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Un opportunisme dans la croissance externe

Plus que n’importe quel groupe de média canadien, le groupe Astral a décidé de fonctionner par croissance externe. Chacune des étapes de son développement est sous-tendue par une prise de participation stratégique visant à lui faire prendre position sur des nouveaux marchés, des marchés locaux, des chaînes thématiques, des stations de radio ou des sociétés d’affichage. Cette stratégie lui permet de grandir, de développer son chiffre d’affaires et fait d’Astral Média l’un des groupes de référence au Canada, passant d’un statut de petit groupe au statut de groupe quasiment incontournable.
 
La spécificité et la difficulté de la tâche du groupe consistent à maintenir un positionnement dual, à la fois sur les territoires anglophones et les territoires francophones, à l’image du pays.
 
Tout au long de son histoire, Astral Media va mettre un point d’honneur à être présent sur les deux marchés, de manière parallèle, avec des co-actionnaires différents. L’histoire des chaînes jeunesse est assez symptômatique. Lors du lancement de Family Channel, chaîne anglophone créée par la filiale First Choice et par Allarcom Pay Television, Astral a dû travailler avec de nombreux co-actionnaires au gré des rachats : Allacom Pay, puis Western International Communication suivi de Corus Entertainment avant qu’Astral ne prenne le contrôle total de la chaîne en 2001. Côté chaîne jeunesse francophone, l’histoire est plus simple, mais avec des partenaires différents : Canal Famille a été lancé par les réseaux Premier Choix puis racheté par Astral en 1998 et a été ensuite renommée « Vrak TV » en 2001.
 
Côté radio, la croissance s’est essentiellement faite par acquisitions. En 1997, la société, dont l’activité n’est absolument pas centrée sur la radio, acquiert 25% du capital de Radio Mutuel ( le groupe québécois) créé en 1959 et fortement endetté avant de prendre l’intégralité du contrôle du groupe deux ans plus tard. Huit stations FM (Energie), et trois de la fréquence AM appartiennent désormais au groupe Astral. Celui-ci détient également des participations dans des radios possédées par le groupe Telemedia.
 
En 2001, Astral annonce l’acquisition des actifs radios de Telemedia au Québec, au Nouveau Brunswick et en Nouvelle Écosse (19 stations au total pour 255 millions de dollars canadiens), tandis que les actifs radios de l’Ontario, de l’Albert et de la Colombie Britannique de Telemedia sont cédés à Standard Radio.
 
Ces transactions permettent au groupe de se développer sur les chaînes thématiques ainsi que sur le marché de l’affichage grâce à la participation de Radio Mutuel à hauteur de 72% dans la société Omni (devenue Astral Affichage).
 
En 2007, le groupe Astral prend possession du groupe Standard Radio pour plus d’un milliard de dollars canadiens. Le groupe Standard possédait 52 stations de radio dans cinq provinces, avec des marques importantes telles que « EZ Rock », « The Bear » et « The mix » Cette acquisition permet également au groupe d’être propriétaire de deux stations TV locales affiliées Canadian Broadcasting Corporation (télévision publique anglophone) en Colombie Britannique. Cet achat fournit par ailleurs au groupe Astral une couverture nationale, lui permettant d’accéder enfin aux marchés anglophones. Après cette croissance, le groupe possède 81 stations de radios sur l’ensemble du territoire canadien, et notamment sur les marchés urbains essentiels (Vancouver, Calgary, Edmonton, Winnipeg, London, Hamilton, Toronto, Gatineau/Ottawa, Montréal).

Le groupe met également la main sur IMS (Integrated Media Sales) qui le fait entrer sur le marché des régies publicitaires radio. La société est devenue par la suite Astral Media Radio Sales puis Astral Radio Plus et possède un portefeuille de clients important qui dépasse le cadre des stations du groupe.
 
Parti de rien sur ce secteur, le groupe devient en moins de dix ans l’acteur incontournable et  le leader de la radio au Canada. Il dépasse ses deux concurrents, Corus Entertainment et Rogers Media en termes d’implantations et de chiffre d’affaires (52 implantations et 133 M$ d’Ebitda pour Corus et 54 implantations et Ebitda non précisé mais estimé à 19 M$ pour Rogers Media vs 83 implantations et 300 M$ d’Ebitda pour les radios d’Astral en 2009 et selon leurs rapports annuels).
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Une stratégie de marques

Le groupe Astral a longtemps travaillé sur le marché canadien en développant une stratégie locale de marques, chacune de ses chaînes et stations devenant une marque connue et reconnue sur son marché. Le groupe s’est longtemps inspiré de la vision canadienne qui cherche à exister en se différenciant des États-Unis par la création d’entreprises, de marques et de valeurs particulières, se distinguant de l’identité de son grand voisin.
 
Cependant, en télévision, le groupe infléchit cette position dès 2007 en concluant des accords de marque avec des groupes américains. Cette année là, le réseau de chaînes familiales du groupe a lancé, en collaboration avec le groupe Disney, « Playhouse Disney » chaîne preschool à destination du marché canadien francophone et anglophone.
 
En 2008, c’est le segment du cinéma qui est investi par la marque internationale HBO, puisque Astral, au sein du bouquet « The Movie Network » et Corus Entertainment, au sein de « Movie Central » lancent la marque « HBO Canada ».
 
En télévision, cette dynamique de rebranding s’associe à une stratégie de contenus puisque le lancement de chaînes spécifiques permet également au groupe, par la signature d’accords (output deal et licences exclusives[+] NoteOut put deal : accord d’acquisition anticipé correspondant à des contrats de cession exclusifs portant sur tout type de droits (diffusion première et deuxième fenêtre en gratuit, payant) des productions à venir d’un studio. Licence exclusive : le titulaire d’une marque accorde contractuellement le droit d’utilisation ou d’exploitation d’un titre de propriété industrielle concédé par le titulaire à un tiers moyennant des redevances à un licencié unique.X [1], de sécuriser ses acquisitions de programmes Premium. La collaboration entre Astral, Corus Entertainment et HBO est symptomatique de cette vision : HBO Canada s’enorgueillit sur son site Internet d’être la chaîne qui possède les contenus exclusifs de HBO USA.
 
De même, la collaboration à long terme nouée entre Disney et Astral depuis « Family » et « Vrak TV » a donné naissance à « Playhouse Disney » et « Disney Junior », deux chaînes opérées par Astral avec des contenus exclusifs et sécurisés à long terme du groupe d’Entertainment américain.
 
En radio, Astral poursuit cette stratégie. L’utilisation de la marque Virgin qui entre dans le giron du groupe dès 2008 en est le premier exemple. La marque de Richard Branson apparaît à Toronto sur la fréquence 99.9 rachetée un an auparavant par le groupe Astral. « Virgin Radio » trouve là sa toute première expression en Amérique du Nord. Depuis, le groupe Astral a multiplié les stations brandées Virgin puisqu’en 2009, trois nouvelles stations ont changé d’identité sur les principales villes du pays, Montréal, Ottawa et Vancouver. Calgary a été la dernière station Virgin à apparaître, permettant à cette marque de toucher les principales villes et les principaux marchés du territoire canadien. En 2009 également, le groupe décide de repositionner son réseau de radio « Energie » particulièrement implanté au Québec (10 stations) en rebaptisant ces stations « NRJ ». L’identité européenne et française de la marque NRJ permet au groupe Astral de continuer à affirmer sa différence canadienne et francophone face aux États-Unis et au Canada anglophone. Ici aussi, la stratégie de marque s’accompagne d’une stratégie de contenus puisque le groupe bénéficie de l’accès aux contenus de NRJ France.
 
Cette stratégie de marques est parfois décriée par les téléspectateurs. Astral apparaît dans ce cas comme « le groupe qui vient vider les chaînes de leur sens, en rachetant des joyaux pour simplement les rationnaliser économiquement ». Le rachat du Canal Famille dans les années 1990, est assez significatif. Chaîne lancée par « Les Réseaux Premier Choix » dont Astral n’était que l’un des actionnaires, Canal Famille est décrite comme une chaîne aux ambitions éducatives, aux racines culturelles québécoises, porteuse de « valeurs ». Entre 1996 et 1999, les Réseaux Premier Choix sont au bord de la faillite et se font racheter par Astral Média. Le groupe Astral rationnalise économiquement la chaîne en modifiant le positionnement (partant d’une cible familiale vers une cible jeunesse et ado) et en baissant de manière relative le nombre de productions canadiennes au profit d’acquisitions américaines. La chaîne semble aujourd’hui avoir trouvé son rythme de croisière.
 
L’arrivée de marques américaines (Disney et HBO) et les contrats avec des fournisseurs de contenus (Showtime) semblent aller dans le sens économique du groupe, permettant de gagner, par ces programmes, de l’audience et des parts de marché publicitaires. Toutefois, les investissements du groupe dans la production nationale restent importants.  Le groupe rappelle qu’entre 1983 et 2007, il a investi près d’un milliard de dollars canadiens dans de la production locale (dont 138 millions pour le pôle télévision et radio par an dont 79 millions rien que pour la partie francophone).
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Quel avenir pour un groupe national qui arrive au bout des règles de concentration ?

Le groupe Astral a une histoire étonnante, devenant en quelques années l’un des groupes les plus importants de l’audiovisuel canadien. Sa présence dans tous les secteurs audiovisuels (télévision, radio, affichage, Internet) et sur tous les marchés (anglophones et francophones) est très importante voire quasi maximale sur certains domaines. Le groupe a assumé sa stratégie en devenant un acteur 100% médias, en se renforçant de manière capitalistique sur chacune de ses positions et en développant tous ses outils de travail (régie publicitaire, société de syndication de programmes radio etc.) Les objectifs de profitabilité du groupe passent par des renforcements de partenariats avec des titulaires de droits audiovisuels importants (américains et européens).
 
Pourtant le groupe peut paraître un peu éclaté. Il est certes présent sur la totalité du marché national, mais avec des chaînes de dimensions moyennes, et beaucoup de thématiques dont certaines, moins fortes, pourraient représenter  un risque économique sur un marché du câble et des chaînes de complément en repli.
 
Le groupe a fait le pari de la rationalisation économique, en diffusant sur ses chaînes thématiques canadiennes des contenus américains mais en étant dépendant de ceux-ci (contenus MTV sur la chaîne MusiquePlus, Disney sur Teletoon, HBO sur HBO Canada…). Le risque de l’arrivée des groupes américains (éditeurs et diffuseurs de chaînes) sur le marché canadien est faible (mais possible) et pourrait fragiliser Astral. C’est sans doute l’une des raisons qui l’a conduit à lancer (avec le groupe canadien Corus) la chaîne HBO Canada, lui permettant de profiter de la notoriété de la marque HBO, de ses contenus et, en parallèle, de sécuriser le marché canadien et ses chaînes, contre une possible arrivée du groupe HBO qui opérerait sa propre chaîne au Canada .
 
Les seules vraies menaces du groupe sont d’ordre règlementaire et structurel : une évolution des règles de concentration des médias au Canada pourrait perturber son développement actuel. Astral dispose de résultats financiers solides, gages de son indépendance. En revanche, le groupe peut voir sa position fragilisée par les nouveaux acteurs, les nouveaux modes de consommation et la baisse de l’intérêt du public pour les chaînes de télévision. Astral prend pleinement en compte ces éléments et suit les évolutions de la technologie et des marchés (notamment par les lancements réguliers de services HD).

Les opportunités du groupe restent toutefois minces, du fait de sa position privilégiée sur le marché. La seule opportunité qui semble exister est sa progression organique. Le groupe l’a compris et développe depuis quelque temps deux stratégies : il mise sur ses employés et leur motivation (le rapport annuel 2009 leur était dédié) et il affirme l’appartenance de la myriade d’entreprise qui le constitue aux valeurs et au drapeau de leur propriétaire : Astral.


Mise à jour le 10/09/2013
 
Le 16 mars 2012, le groupe canadien anglophone Bell Media annonce son intention de racheter son concurrent Astral Media. Sur le papier, le groupe Bell a des atouts non négligeables : une valeur boursière 15 fois supérieure à celle d’Astral (31 milliards de dollars canadiens contre deux milliards), un chiffre d’affaires quasiment 20 fois supérieur à celui d’Astral Media (19,5 milliards contre un milliard), une présence conséquente sur le marché anglophone (CTV, CTV 2, TSN, BNN, MTV, Much Music, Bravo, Discovery, Comedy, Space…) et beaucoup moins importante sur le marché francophone (Réseau des sports, seule station TV). Surtout, la stratégie agressive de Bell Media diffère de celle désormais plus paisible d’Astral, qui poursuit simplement par développement organique (malgré son intention d'acheter le réseau V, chaine hertzienne québécoise, en 2012).
 
En octobre 2012, le Conseil de radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) refuse le rachat d’Astral par Bell[+] NoteLe CRTC avait alors estimé que la transaction aurait seulement servi les intérêts de Bell et non ceux des Canadiens, ndlr.X [2]. Ce dernier dépose une nouvelle demande modifiée, qui sera finalement acceptée le 27 juin 2013. Cette acquisition atteint 3,38 milliards de dollars canadiens. Toutefois, les conditions à cette acquisition sont multiples. Bell concède à garantir des investissements dans la production : 175,4 millions de dollars canadiens sur sept ans en télévision et 71,5 millions en radio. Le groupe devra revendre une vingtaine d’actifs (dix stations de radio et onze de télévision) sur des marchés spécifiques. Bell devient un acteur qui pèse 22,6% sur le marché francophone et 35,8% sur le marché anglophone.
 
Parmi les ventes d’actifs, on notera l’acquisition de Teletoon, Teletoon rétro (anglais et français), Cartoon Network, Historia, Séries+ et deux radios d’Ottawa (CKQB-FM et CJOT-FM) par Corus Entertainment, pour 400,6 millions de dollars canadiens le 18 mars 2013. On notera également la mise en vente aux enchères de Family, Disney XD, Disney Junior (en anglais et en français), MusiquePlus, Musimax, des radios à Vancouver, Winnipeg, Toronto pour la partie Astral, ainsi que des radios précédemment possédées par Bell Media à Calgary, Winnipeg et Toronto.
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Données clés

Pôle Télévision

  • Chaînes thématiques gratuites: 
Nom Logo   Positionnement   Thématique
Canal Vie Chaîne francophone
100% Astral
Lifestyle Chaîne féminine, qui traite de tous les sujets relatifs à la famille, la santé, le bien-être et l'art de vivre
Vrak TV Chaîne francophone
100% Astral
Jeunesse (2-17 ans) La chaîne jeunesse francophone de divertissement au Québec qui diffuse magazines, séries, animations et magazines
Ztélé Chaîne francophone
100% Astral
Science & fiction Chaîne au positionnement original : fictions fantastiques, science fiction et action  sont au programme ainsi que thématiques technologiques
Historia Chaîne francophone
50% Astral
50% Shaw media
Histoire Chaîne spécialisée histoire et plus particulièrement sur celle du XXème siècle
Canal D Chaîne francophone
100% Astral
Documentaire et découverte Chaîne documentaire généraliste ayant pour ambition de divertir, comprendre et informer
Séries+ Chaîne francophone
50% Astral
50% CanWest Media
Fictions : séries 26 et 52' Chaîne de fictions tv, elle diffuse des séries américaines et internationales. Le prime time est dévolu aux nouveautés
Musique Plus Chaîne francophone
100% Astral
Chaîne musicale, public jeunes adultes La chaîne a son pendant anglophone MuchMusic possédée par CTV Globemedia.
MusiquePlus se veut la référence musicale des jeunes adultes du Québec avec sa programmation généraliste
Musimax Chaîne francophone
100% Astral
Chaîne musicale généraliste La chaîne a son pendant anglophone MuchMoreMusic possédée par CTV Globemedia.
Musimax est une chaîne musicale spécialisée sur le spectacle et la scène québécoise, canadienne et américaine.
Télétoon / Teletoon Chaîne francophone
anglophone
50% Astral
50% Corus Entertainment
 
Enfants (6-12 ans) & famille Télétoon est une chaîne d'animation reçue dans près de 8 millions de foyers canadiens (anglophones et francophones). Elle a une programmation généraliste et cible les enfants, les jeunes adultes et les plus de 25 ans
Télétoon rétro / Teletoon retro Chaîne francophone
anglophone
50% Astral
50% Corus Entertainment
Enfants (6-12 ans) & famille La chaîne est centrée sur les classiques de l'animation et touche 7 millions de foyers sur la totalité du territoire canadien

  • Chaînes thématiques payantes :
Nom Logo Astral Media Positionnement Thématique
The Movie Network   Chaîne anglophone, 100 % Astral Media Cinéma Bouquet de chaînes et services de VOD cinéma, la chaîne est diffusée dans l'Est du Canada (anglophone). Show Time est partenaire de la chaîne.
Super Ecran   Chaîne francophone, 100 % Astral Media. Cinéma, Services VOD/ VOSD  Chaînes multiplexes et services de VOd et SVOD cinéma diffusées au Québec.
HBO Canada    Chaîne anglophone, 50 % Astral 50% Corus Enterainment  Cinéma et divertissement HBO Canada fait partie du bouquet The Movie Network, et diffuse les programmes de la chaîne américaine du même nom.
Ciné Pop    Chaîne francophone, 100 % Astral  Cinéma  Chaîne francophone centrée sur les classiques du cinéma.
M Pix    Chaîne anglophone 100 % Astral  Cinéma  Bouquet de chaînes et services de VOD cinéma centré sur les classiques du cinéma et diffusé dans l'Est du Canada.
Disney Junior/PlayHouse Disney    Chaîne francophone/ Chaîne anglophone  Jeunesse  Playhouse Disney( Disney Junior dès 2011 au Québec) est une licence de la chaîne preschool du groupe Disney au Canada. Elle fait partie du bouquet de chaînes jeunesse Family du groupe Astral et disponible en VOD et on-line.
Family    Chaîne anglophone, 100 % Astral Media.  Jeunesse et familial  La chaîne, diffusée dans 6 millions de foyers canadiens, est destinée aux enfants et à la famille. Sur le câble et également disponible en VOD et catch up TV ainsi que sur Internet. Disney est son partenaire de référence.
Viewer's Choice    Chaîne anglophone, 50,1 % Astral media, 24, 95 % CTV Speciality Television, 24,95% Rogers Media  Pay per view
multithématiques
 Service de pay-per-view et VOD anglophone disponible dans l'Est du Canada, il propose principalement du sport et du cinéma.
 
Pôle Radio
Le groupe est le principal acteur de la radio privée au Canada en nombre de stations.
 
Astral exploite 83 stations de radio réparties dans huit des dix provinces du Canada.
 
Principales marques :
EZ Rock : 10 stations au Canada anglophone
NRJ : 10 stations au Québec (et une station Energy en Colombie Britannique). NRJ remplace la marque Energie.
Rock Détente : 9 stations au Québec
Virgin Radio : 5 stations réparties sur les principales villes du territoire depuis Montréal jusqu’à Vancouver en passant par Toronto, Ottawa et Calagary.
Sun FM : 3 stations en Colombie Britannique
Boom FM : 3 stations au Canada anglophone et francophone
 
Pôle Affichage / Out-of-Home :
Astral est présent dans l’affichage dans les provinces du Québec, de l’Ontario, et de la Colombie Britannique et possède plus de 8 000 panneaux publicitaires.
Le pôle est structuré en 4 domaines, l’affichage extérieur classique, le mobilier urbain, les transports urbains et l’affichage numérique.
Affichage extérieur : Québec et Ontario
Mobilier Urbain : Toronto et Montréal
Transports Urbains : aéroport de Montréal et de Québec
Affichage numérique : en développement notamment sur les artères routières à Vancouver, Toronto et Montréal
 
Pôle Régie : Astral Mix
Astral possède également une régie visant à optimiser les synergies de ses entreprises : chaînes TV thématiques, stations de radio, affichages et sites internet.
 
Pôle Internet : Astral exploite plus de 100 sites internet et services en ligne.
 
Equipe de Direction
Ian Greenberg : Président et chef de la direction, Astral Media inc.
Sidney Greenberg : Vice-président, Astral Media inc.
André Bureau : Président du conseil, Astral Media inc.
Stéphane Goyette : Vice-président, Astral Numérique
Claude Lizotte :Vice-président exécutif, Astral TVPlus
Jacques Parisien: Président du Groupe Astral Radio et Astral Affichage
John Riley: Président, Astral Télé Réseaux et Astral Television Networks
Pierre Roy: Président, Les Chaînes Télé Astral et Président, MusiquePlus Inc.
Luc Sabbatini: Président, Astral Affichage
 
Données financières:
Chiffre d’affaires 2010 : 960,9 Millions $ canadiens
EBITDA 2010 : 308,6 Millions $ canadiens
Bénéfice net 2010 : 175, 4 Millions $ canadiens



Chiffre d’affaires TV 2010 : 550,7 Millions $ canadiens
Chiffre d'affaires Radio 2010 : 333,6 Millions $ canadiens
Chiffre d'affaires Affichage 2010 : 76,7 Millions $ canadiens

Nombre d'abonnés chaînes TV payantes en 2010 : 1,848 Millions
Chiffre d'affaires publicité TV en 2010 : 117 Millions $ canadiens

Nombre d'employés en 2010
: 2 800 personnes

Capital social (en 2007):
Famille Greenberg : 63,05%
Famille Bronfman : 15,42%
Parts détenues par le public : 21,53%


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Crédits photos :
noukorama / Flickr
clevercupcakes / Flickr

Sources Internet :
http://www.astral.com/
http://www.astralmediaevolution.com

http://astralmedia2008.com
http://astralmedia2009.com
http://astral2010.com
http://www.astralmix.com
http://www.astralmediaaffichage.com
http://www.astraltvplus.com
http://hd.astralmedia.com
http://www.cem.ulaval.ca/portraits_entreprises/ASTRAL.html
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  • 1. Out put deal : accord d’acquisition anticipé correspondant à des contrats de cession exclusifs portant sur tout type de droits (diffusion première et deuxième fenêtre en gratuit, payant) des productions à venir d’un studio. Licence exclusive : le titulaire d’une marque accorde contractuellement le droit d’utilisation ou d’exploitation d’un titre de propriété industrielle concédé par le titulaire à un tiers moyennant des redevances à un licencié unique.
  • 2. Le CRTC avait alors estimé que la transaction aurait seulement servi les intérêts de Bell et non ceux des Canadiens, ndlr.
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