Cambodge, le royaume sans fil ?

Article  par  Claire HEMERY  •  Publié le 07.11.2012  •  Mis à jour le 07.11.2012
Bonze avec un téléphone mobile (Angkor)
[ACTUALITÉ] Le Cambodge compte de plus en plus d’internautes. Ce développement numérique tardif se caractérise par une forte proportion du trafic Internet en mobilité.  
Le Cambodge, dont l’accès aux TIC[+] NoteTechnologies de l’information et de la communication.X[1] reste modeste, peut néanmoins se vanter de résultats encourageants. En effet, les derniers chiffres publiés par le ministère des Postes et Télécommunications révèlent une augmentation fulgurante du nombre d’internautes, qui est passé de 443 000 en 2011 à 2,4 millions de personnes en 2012, soit 16 % de la population cambodgienne et un taux d’augmentation de 456 %. Ce boom s’explique probablement par l’arrivée de sept nouveaux fournisseurs d’accès à Internet (FAI) sur le marché, portant leur nombre total à 27.
 
La téléphonie mobile connaît, elle aussi, un essor sans précédent. Le nombre de cartes SIM en circulation a doublé entre 2011 et 2012, atteignant 19,3 millions (dont 3,25 millions d’abonnements à une offre incluant la 3G). Il n’est pas rare qu’une seule personne détienne plusieurs téléphones mobiles, certains analystes estiment donc le nombre d’utilisateurs uniques à 5 millions environ. Dix opérateurs se partagent le marché de la téléphonie mobile, en pleine structuration. Une autorité indépendante de régulation (Telecommunications Regulator of Cambodia, TRC) a été créée en septembre 2012 et chargée de l’allocation du spectre ainsi que de la régulation des prix.
 
Le Cambodge fut en 1993 le premier pays à dénombrer davantage de connexions mobiles que d’abonnements de téléphonie fixe. Le pays, dont les réseaux de télécommunications avaient été sévèrement endommagés par des années de guerre civile, comptait à la fin de l’année 1992 – date d’introduction du mobile au Cambodge – environ 4 000 lignes fixes pour 9,3 millions d’habitants.
 
Aujourd’hui encore, le Cambodge suit une évolution singulière, avec des usages mobiles nettement supérieurs aux moyennes régionales et mondiales, dans la même période donnée. 23 % du trafic Internet cambodgien en 2012 est mobile. À titre de comparaison, la part mobile du trafic Internet est de 17,81 % en Asie, elle est aux États-Unis de 8,61 % et de 5,13 % en Europe. En augmentation partout dans le monde, cette proportion est à ce jour plus importante dans les pays émergents et en développement où les infrastructures initiales de télécommunications étaient insuffisantes, en Asie et en Afrique notamment. En tête du classement, se trouvent le Zimbabwe (avec 58 % du trafic Internet en mobilité), le Nigeria (57 %) et l’Inde (48 %). Le Cambodge arrive ainsi 15ème de la liste.
 
Le pays demeure néanmoins l’un des pays les moins connectés d’Asie et apparaît en 121ème position (/155) du classement 2012 établi par l’Union internationale des télécommunications pour mesurer l’adoption des TIC dans le monde. Fin 2011, quand le Cambodge n’en était qu’à 3 % de taux de pénétration, la population accédant à Internet était de 61 % en Malaisie, de 35 % au Vietnam, de 29 % aux Philippines, de 23 % en Thaïlande, de 18 % en Indonésie et de 9 % au Laos. Il n’y avait guère, à l’échelle régionale, que la Birmanie (0,1 %) pour se placer derrière le royaume cambodgien. Le « Pays des Khmers » n’est pas tout à fait entré dans la course numérique.
 
Les chiffres spectaculaires de l’année 2012 laissent toutefois entrevoir de nombreuses opportunités commerciales dans les mois et années à venir, à condition de comprendre les spécificités des usages au Cambodge. 

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Crédit photo : Rory OBrien / Flickr
  • 1. Technologies de l’information et de la communication.
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