Snapchat, le succès du message éphémère

Article  par  Karin DANJAUME  •  Publié le 22.02.2013  •  Mis à jour le 26.02.2013
[ACTUALITÉ] Quelle est l’application qui a connu la croissance la plus fulgurante en 2012 ?  Snapchat. Deux adjectifs pour résumer son succès : instantané et éphémère. Jusqu’à quand ?
Un détail, un simple détail, qui fait toute la différence : des messages (snaps) qui s’auto-détruisent 10 secondes maximum après leur consultation. Voilà comment l’application Snapchat, disponible sous iOS et Android, a séduit des millions d’utilisateurs (3,4 en décembre 2012) en moins de deux ans d’existence. Lorsqu’ils créent Snapchat en septembre 2011, l’ambition de Evan Spiegel et Bobby Murphy, deux étudiants de l’Université de Stanford aux États-Unis, était de donner « du fun à leur conversation ». Une photo ou une vidéo[+] NoteLe lancement de l’appli sous Android en décembre 2012 a apporté la fonctionnalité d’envoi de vidéos.X [1] à partager avec un ou plusieurs destinataires et qui disparaît quelques secondes après sa consultation, c’est la culture de l’instantané, sans la peur d’être embarrassé ultérieurement comme avec certains statuts Facebook : pas de trace, pas de conséquence désastreuse.

Assez logiquement, Snapchat a séduit rapidement les jeunes entre 13 et 25 ans. Sa viralité est fulgurante : 60 millions de snaps sont envoyés quotidiennement et au total ce sont plus de 5 milliards de messages qui ont été échangés depuis son lancement. Rien d’étonnant à cela : fatiguée des atermoiements des réseaux sociaux en matière de protection des données personnelles, la génération des digital natives n’est pas décidée à se faire piéger par la versatilité des Conditions Générales d’Utilisation (CGU). Au premier rang des accusés, Facebook cristallise cette méfiance. Le récent tollé provoqué par les possibles modifications des CGU d’Instagram[+] NoteL’appli de partage de photos a été rachetée en août 2012 par Facebook pour 300 millions de dollars.X [2] en est un exemple. Le lancement du Graph Search, le moteur de recherche du réseau social, qui permet de croiser les données renseignées par les utilisateurs du site, a également suscité beaucoup d’interrogations. Conséquence directe : les jeunes utilisateurs, soucieux de leur empreinte numérique, font émerger de nouveaux usages et poussent les réseaux sociaux à s’adapter. Ainsi, Facebook a tenté de répliquer en lançant sa Poke App. Peu convaincante, cette réplique de Snapchat, a été boudée par le public.

Voilà pour le côté pile de la success story. Côté face, l’aventure Snapchat connaît toutefois quelques ratés. L’enthousiasme qu’elle a suscité ne saurait faire oublier le nombre de photos échangées ayant trait au sexe. Même si ses créateurs s’en défendent, les sextos sont une part non négligeable du succès de l’appli. Autres points préoccupants : les failles techniques et la remise en question du caractère éphémère des messages. En effet, l’application n’empêche ni les captures d’écran, ni la prise en photo par un autre appareil lors du visionnage du snap.

En février 2013, Snapchat a bouclé une levée de fonds de 13,5 millions de dollars auprès de Benchmark Capital, celle-ci faisant suite à une levée de fonds en décembre 2012. L’engouement pour Snapchat sera-t-il suffisant pour construire un business model ? Quel sera l’avenir de cette application déjà considérée comme le « nouvel Instagram » ? Un rachat par un mastodonte de la Silicon Valley ? Mark Zuckerberg a déjà marqué son intérêt pour Snapchat. Attention, dans ce cas, des soupçons pourraient vite venir troubler sa popularité…

--
Crédit photo : 
mushman1970 / Flickr
Vous souhaitez nous apporter un complément, rectifier une information ? Contactez la rédaction