Google Maps versus OpenStreetMap : redistribution des cartes sur le Web ? | InaGlobal

Google Maps versus OpenStreetMap : redistribution des cartes sur le Web ?

Article  par  Jean-Christophe PLANTIN  •  Publié le 28.05.2012  •  Mis à jour le 18.09.2013
Les services de cartographie en ligne sont depuis longtemps dominés par Google Maps. La montée en puissance du service sous licence Creative Commons, OpenStreetMap, pourrait bouleverser l’ordre établi et menacer l’empereur du Net : Google.

Sommaire

Sept ans après sa sortie en ligne, le service Google Maps peuple le Web et les applications mobiles jusqu’à faire figure de référence en matière de fonds de carte numérique. Toutefois, de récents changements dans la stratégie de Google  pourraient remettre en cause cette position dominante. Parallèlement, la montée en puissance d’OpenStreetMap (ou OSM), service de cartographie collaborative sous licence Creative Commons, semble également bousculer le monopole de la firme de Mountain View. Quelles sont les reconfigurations actuelles du marché de la cartographie en ligne ?

La carte « made by Google » : une histoire de « hacking »

En février 2005, Google déploie son service de fonds de cartes Google Maps. Si les cartes numériques étaient présentes en ligne dès le début des années 1990, le service de Google se différencie de ses concurrents par une consultation plus agréable et une interactivité plus poussée[+] NoteMuki HAKLAY, Alex SINGLETON, Chris PARKER « Web Mapping 2.0: The Neogeography of the GeoWeb » Geography Compass, Vol. 2 n°6, 2008, pp. 2011-2039.X [1].
 
Le succès de Google Maps va provenir principalement d’un détournement imprévu par la firme, qui va impulser une ouverture des usages de son fond de carte. Quelques semaines après la sortie de ce service, Paul Rademacher, alors employé chez Dreamworks, décide de l’adapter à ses besoins de recherche d’appartements à San Francisco : il « aspire » par rétroingénierie les « tuiles » qui constituent le fond de carte affiché sur le site Google Maps et, parallèlement, extrait du site Craigslist pour San Francisco les annonces de location d’appartements (par une méthode appelée Web scraping). Sans que Paul Rademacher s’en doute, son application allait ouvrir la voie à une utilisation massive de cartes pour y géolocaliser des données tierces, rencontrant le principe du mashup, véritable pierre angulaire du Web 2.0 selon Tim O’Reilly.
 
Alors que son service de cartes en ligne servait jusqu’alors uniquement à rechercher une adresse ou une direction, Google comprend rapidement le potentiel de son service de carte pour générer d’autres applications. La compagnie de Mountain View réagit alors en deux temps. Premièrement, au lieu de poursuivre Paul Rademacher pour avoir hacké sa plateforme, elle décide de l’embaucher ; deuxièmement, elle rend publique, en juin 2005, l’API de Google Maps. Cette interface de programmation – ou Application Programming Interface (API) – est une bibliothèque de données que l’utilisateur va interroger par des requêtes afin d’afficher une carte sur sa page Web ; cette démarche permet de personnaliser les fonds de cartes (taille, niveau de zoom, localisation par défaut…) et favorise l’interopérabilité entre les API d’autres services et applications en ligne.
 
L’application Tweereal interroge l’API de Twitter pour obtenir le nombre de Tweets
et l’
API de Google Maps pour les géolocaliser

API, mashup,langage de programmation : à partir de cette date, la carte fait partie intégrante du Web 2.0. De la même manière que les ingénieurs et les médecins du 19e siècle subtilisèrent le monopole de la carte aux géographes à travers la montée des cartes thématiques[+] NoteGilles PALSKY Des chiffres et des cartes. La cartographie quantitative en France au XIXème siècle, C.T.H.C., 1996.X [2], la carte numérique passe des mains des experts en Systèmes d’information géographique (SIG) vers celles des développeurs Web et des designers d’information.
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Google Maps et la carte 2.0

Si ce hacking impromptu mit en avant le rôle de Google dans le secteur de la carte Web, de nombreux autres services de cartographie mettent en ligne des API dès 2005 : on citera par exemple les interfaces de programmation de Bing Maps par Microsoft, OpenSpace de l’UK Ordnance Survey, le Géoportail de l’Institut national de géographie ou encore l’API du projet de cartographie collaborative et libre OpenStreetMap (OSM).
 
Malgré cette abondance d’API cartographiques, Google Maps semble toujours occuper une position de leadersur un marché important. Le site ProgrammableWebrecense l’actualité des mashup et des API en ligne : les mashup cartographiques constituent la plus grande proportion des mashup présents sur le site : le 25 mars 2012, 28 % des 6 544 mashup présents en ligne utilisaient une API cartographique (la deuxième catégorie tombe à 12 %) ; au sein de cette avalanche d’applications à base de cartes, l’immense majorité (2 354 mashup) utilise l’API de Google Maps. À titre de comparaison, le deuxième fond de carte, Bing Maps de Microsoft, n’est utilisé que par 175 mashup et Yahoo Mapspar 135 mashup.
 
Comment peut-on expliquer un tel succès ? En 2006, Rich Gibson et Schuyler Erle avançaient trois points forts de l’API Google : une interface utilisateur claire et réactive, des cartes se chargeant rapidement et un service orienté-client facilitant l’affichage d’une carte sur n’importe quelle page Web[+] NoteRich GIBSON, Schuyler ERLE, Google Maps Hacks. Tips and tools for geographic searching and remixing, O’Reilly, 2006.X [3]. De plus, intégrer ce service était (à l’époque) gratuit et illimité, tant qu’il était réservé à un usage non-commercial ; enfin, une communauté dynamique de développeurs a contribué au grand nombre d’applications utilisant une carte Google.

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La carte dans l’écosystème Google : entre « plateform business » et données indexables

Quel est l’intérêt du géant de la recherche d’information envers son service de cartographie ? Comment Google l’intègre-t-il dans son modèle économique ? Il est possible d’avancer plusieurs hypothèses.
 
Fournir un fond de carte réutilisable permet à Google d’occuper une position dominante au sein du Web de plateforme contemporain (toujours selon les termes de Tim O’Reilly). Impulsé par l’arrivée du Web 2.0, le Web de plateforme ne se base plus seulement sur les hyperliens pour relier les contenus : l’interopérabilité grandissante entre les services Web passe par l’intermédiaire des API, qui permettent de reprogrammer un service existant pour créer de nouvelles applications.

L’application « Novels on location » utilise les API de Google Maps et Amazon pour géolocaliser des livres
en fonction du lieu du récit

Comme Jeff Jarvis le rapporte[+] NoteJeff JARVIS, What would Google do ?, HarperBusiness, 2009.X [4], Google aurait pu décider de garder le contrôle sur les données cartographiques mises en ligne, générant une audience qu’il pourrait ensuite monétiser auprès d’annonceurs. Or, Google était bien plus ambitieux quant à la valorisation de son service de cartes : après l’aventure de Paul Rademacher, Google a décidé de mettre son application Google Maps en ligne sous la forme d’une plateforme accessible à travers une API et servant de base cartographique à de nouvelles applications. Les chiffres fournis par ProgrammableWeb semblent donner raison à cette stratégie d’ouverture.
 
 Distribuer un fond de carte réutilisable permet à Google de se positionner comme un point de passage important du Web 2.0. De plus, l’appétence de Google pour l’innovation ascendante est connue : on citera par exemple les « projets 20 % », laissant aux employés de Google un cinquième de leur temps de travail au développement d’un projet leur tenant à cœur (ces projets peuplaient le défunt Google Labs). Fidèle aux origines libertaires de l’Internet qui, à l’inverse par exemple du téléphone, n’a pas été développé dès sa conception pour un usage prédéfini – comme le rappelle Clay Shirky[+] NoteClay SHIRKY, Here comes everybody. How change happens when people come together, Penguin books, 2008.X [5] – Google a fait un pari sur un service cartographique sans forcément avoir un agenda prédéfini quant à ses usages. Dans le cadre d’une économie de la pollinisation, le but n’est pas seulement de sortir la killer application, mais également de fournir un support pour la création d’une multitude d’applications innovantes, à l’instar d’autres services de Google : distribuer un fond de carte réutilisable permet à Google de se positionner comme un point de passage important du Web 2.0.

Enfin, les cartes permettent à Google de recueillir un grand nombre de données. On sait que le fonds de commerce originel de l’entreprise est le classement de l’information présente sur le Web par son algorithme Pagerank. Afin d’augmenter la pertinence de ses résultats, Google est donc en permanence en quête d’une extension du domaine de l’information disponible pour y appliquer son algorithme. Or, toute l’information du monde n’est pas sous forme de contenu HTML, permettant aux robots de Google de l’indexer : tel est le cas de l’information géographique qui nécessite d’être « traduite » pour être indexable. Rentrer de l’information sur des fonds de carte, c’est ainsi augmenter le stock de l’information traitable par le moteur de recherche de Google. Et ceci ne constitue pas une bagatelle : en 2007, « au moins 20 % des pages sur le Web possèdent un identifiant géographique reconnaissable et sans équivoque ».
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La carte participative : Google Maps versus OpenStreetMap ?

Le service de cartographie de Google a connu deux évolutions majeures au cours des dernières années, avec des conséquences sur la géopolitique des acteurs de la carte en ligne. En 2008, Google lance son service de cartographie participative, Google Map Makers, permettant aux internautes de compléter le fond de carte Google (en y ajoutant par exemple un lieu ou une route). Ce service, arrivé en France en mars 2012, s’inspire du modèle de cartographie collaborative de l’association OpenStreetMap, souvent présentée comme le « Wikipédia de la carte », permettant à chacun-e d’éditer le fond de carte. Ce recours au crowdsourcing permet à Google de contourner certains obstacles propres au traitement de l’information géographique. Certaines données sur les points d’intérêts sont difficilement accessibles : elles sont en général listées dans des services propriétaires et payants[+] NoteComme les Pages Jaunes pour les numéros de téléphone des professionnels.X [6]. Seconde difficulté, les cartes sont en constante mutation (ouverture d’un nouveau magasin ou d’une nouvelle route) d’où la nécessité de sans cesse les mettre à jour. Les données rapportées par les internautes permettent alors de contrecarrer ces difficultés d’accès et de mise à jour des données, tout en fournissant une main-d’œuvre gratuite. Ce modèle participatif a déjà prouvé son efficacité : lors du tremblement de terre à Haïti en 2010, une équipe d’OSM dépêchée sur les lieux a remédié au manque de relevés géographiques de l’île en la cartographiant en seulement quelques jours.

Projet Haiti d'Open Street Map

En plus du crowdsourcing, Google semble s’être inspiré d’une autre force d’OpenStreetMap : la cartographie affinitaire. En effet, les fonds de cartes d’OSM étant librement modifiables par tous, il est possible d’atteindre un niveau élevé de détails, comme le montre le zoo de Berlin à travers sa comparaison Google Maps et OSM. Suivant ce principe, Google a commencé la cartographie des intérieurs de l’aéroport JFK, mêlant toutefois apport top-down de données (à travers l’accès aux plans des établissements) et bottom-up (en lançant une application mobile de cartographie à l'intérieur des bâtiments).
 
Ce faisant, Google s’est attiré les foudres de plusieurs commentateurs de l’actualité cartographique et de membres d’OSM. Alors que la communauté OpenStreetMap publie ses cartes sous licence Creative Commons paternité – partage à l’identique 2.0 (CC BY-SA), Mikel Maron reproche à la licence de Google d’empêcher toute réutilisation des données cartographiques en dehors de ses services. Il les accuse également d’avoir volé à OSM le principe des Mapping party, ou cartopartie, où des bénévoles se retrouvent pour faire du relevé de territoire, particulièrement utile en zone sensible (avec par exemple le projet de cartographie du bidonville de Kibera). Ce débat sur la propriété des données obtenues par crowdsourcing a été récemment relancé lorsque Google a signé un accord en janvier 2012 avec la Banque mondiale pour promouvoir l’utilisation de ses fonds de cartes auprès des organismes internationaux, avec le risque d’une augmentation des données géographiques tombant dans le jardin privé de Google. Si l’on rajoute les faits récents de vandalisme des cartes OpenStreetmap par des employés de Google, doit-on en conclure que le torchon brûle entre les deux organisations ?
 
D’autres avis moins tranchés mettent davantage en avant les points communs et bénéfices réciproques entre les deux services de cartographie. Comme le souligne Frederik Ramm, la communauté OSM ne devrait pas se tromper de cible. Selon lui, OSM et Google ont lancé leurs services de carte pour résoudre un problème commun : l’absence de données géographiques libres et réutilisables à des prix abordables, alors jalousement gardées par des opérateurs privés (par exemple Navteq ou Téléatlas) ou par les organismes institutionnels (l’IGN ou l’Ordnance Survey, avant qu’ils n’ouvrent les API mentionnées précédemment). Google a, de plus, popularisé l’objet cartographique sur le Web. Un ensemble de raisons qui font dire à l’auteur que « Google n'est pas l'ennemi ».
 
Un nouvel élément dans la stratégie de Google va peut-être modifier plus drastiquement le rapport de force entre les deux organisations : le changement de la tarification de l’accès à ses cartes.
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L’API Google Maps payante : pari risqué ou « business as usual » ?

En octobre 2011, Google décide de faire payer l’accès à l’API de Google Maps à partir d’un certain nombre de requêtes par jours. À chaque fois qu’un internaute visite un site affichant une carte Google, une requête est envoyée à l’API de Google Maps : le nombre de requêtes qu’un site effectue équivaut donc à son nombre de visites. Plus un site ou une application est populaire, plus il court le risque de devoir payer pour continuer à afficher une carte Google.
 
Pari risqué pour Google ou business as usual ? Dans les faits, de nombreux services utilisant les cartes Google payent déjà des frais d’utilisation, ayant adopté l’offre Google Maps API for business. À l’inverse, la grande majorité des sites mobilisant les cartes Google pourront continuer à le faire sans payer, restant en dessous de la limite gratuite : l’API pour les cartes statiques ou l’API V3 pour JavaScript laisse une confortable marge de 25 000 requêtes par jours avant de devenir payante. Ainsi, seuls 0,32 % des utilisateurs de l’API tomberaient sous le coup de cette mesure. Toutefois, ce faible pourcentage se compose de très gros clients, comme Apple, dont les dizaines de millions d’Ipad et d’Iphone vendus dans le monde ont tous une application Google Maps intégrée : à 4 dollars les 1 000 requêtes supplémentaires une fois les 25 000 requêtes par jour dépassées, l’addition commence à être salée.
 
On peut interpréter cette décision tardive de Google de monétiser son application de cartographie par le coût important de l’accès aux fonds de cartes : la compagnie de Mountain View ne procède pas elle-même au relevé satellitaire du territoire (à l’inverse de Google Street View), elle se contente de louer des fonds de cartes à des opérateurs privés. Or, cette location coûte cher et ne décroît pas avec le temps, du fait des constantes mises à jour à apporter.
 
Google justifie cette tarification par sa volonté d’« encourager un usage responsable » des données cartographiques et d’« assurer la vie à long terme du service ». La réaction à cette hausse des prix ne s’est toutefois pas fait attendre : de nombreuses applications ont décidé d’abandonner les cartes Google pour utiliser les fonds de cartes OSM, parmi lesquelles Foursquare et Wikipédia pour ses applications mobiles. Apple l’a fait également de manière plus expérimentale, en adoptant les fonds de carte OSM uniquement pour son application Iphoto pour iOS et non pour la version bureau. En plus d’une raison purement pécuniaire, on pourrait également voir dans cet abandon de Google Maps l’occasion pour ces compagnies de se désolidariser d’un mariage forcé avec Google, gagnant ainsi plus de prise sur leur propre agenda. Cette distance peut également s’expliquer par les critiques grandissantes envers les récentes applications de Google (avec Search, plus Your World en première ligne), menant, selon certains observateurs, à une détérioration de la qualité de la recherche en ligne.
 
Application Fousquare utilisant le fond de carte OSM
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OpenStreetMap et le levier de l’« Open Data »

Parallèlement à cette évolution de Google Maps, l’association OpenStreetMap a actuellement le vent en poupe. On assiste en effet à une prise de conscience par le personnel politique des avantages de la cartographie libre, exemplifié par la présentation de l’association au Sénat, le 11 janvier 2012. Il reste toutefois à savoir si cet attrait est davantage motivé par l’élection présidentielle (alors proche) ou par le modèle du « libre ».

OpenStreetMap pour Paris

On remarquera toutefois qu’OSM présente une très grande pertinence à l’heure où se multiplient les initiatives Open Data : ces grandes bases de données publiques demandent en effet des moyens de traitement, notamment pour leur mise en forme visuelle. Un fond de carte est alors très souvent le meilleur allié pour extraire du sens de données sous forme de tableur ou d’API. De même, OSM fournissant l’accès à ses fonds de cartes, de multiples possibilités de personnalisation et de manipulation des cartes, difficiles sur les cartes Google, sont possibles.
 
Ce site Web utilise les données ouvertes de la ville de Montpellier pour géolocaliser
les espaces verts sur une carte OSM

Il reste toutefois de nombreux défis à relever par l’association OSM afin de devenir un acteur incontournable de la cartographie en ligne. Ce n’est pas tant la qualité du fond de carte qui fait défaut : en écho avec les débats autour de la qualité de Wikipédia, Muki Haklay a bien montré que les fonds de cartes d’OSM présentent une qualité très proche de celle de l’Ordnance Survey anglais. Plus généralement, les avantages des fonds de cartes OSM constituent également leur faiblesse. L’utilisateur a accès aux données en tant que telles et non aux « tuiles » comme pour l'API de Google Maps. Il est donc nécessaire de passer par une application tierce pour pouvoir manipuler les fonds de carte : une hausse de la barrière technique se profilerait-elle, alors que l’essor des cartes Web à partir de 2005 se basait justement sur leur facilité d’utilisation ? De même, les cartes d’OSM pèchent par un traitement inégal du territoire : si les milieux urbains présentent une couverture importante, il n’en est pas de même pour les zones rurales[+] NoteMuki Kaklay explique ce fait, pour l’Angleterre, par la composition socioprofessionnelle d’OSM : l’association est en effet majoritairement constituée d’hommes (96 %), avec un diplôme d’éducation supérieur (78 %), entre vingt et cinquante ans (86 %). Autant de défis à relever pour aller vers une réutilisation massive des fonds de carte OSM.X [7].
 
Le choix de la monétisation directe par Google de son service de cartographie se fera-t-il au détriment de la stratégie de plateforme qu’il avait adoptée jusqu’alors, favorisant la réutilisation de ses fonds de carte ? De son côté, OpenStreetMap semble profiter directement des changements de tarification des cartes Google, avec la migration de géants du Web  vers ses cartes ; OSM pourrait, de plus, profiter du levier que constitue l’effervescence actuelle en France autour de l’Open Data. L’association de cartographie contributive pourrait alors connaître un cercle vertueux : la carte étant éditable, un accroissement des utilisateurs augmente la qualité des relevés cartographiques, ce qui peut convaincre davantage de services de migrer vers OSM, apportant ainsi plus d’utilisateurs, et ainsi de suite.
 
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Crédits photos :
- Image principale : capture d'écran des site Google Maps et OpenStreetMap
- Capture d’écran de l’application « Tweereal »
- Capture d’écran de l’application « Novel on Location »
- Capture d’écran de l’application Fousquare
- Capture d’écran d’OSM pour Paris
- Capture d’écran du site cartoclic
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Références

Muki HAKLAY, Alex SINGLETON, Chris PARKER « Web Mapping 2.0: The
Neogeography of the GeoWeb » Geography Compass, Vol. 2 n°6, 2008, pp. 2011-2039.
 
Rich GIBSON, Schuyler ERLE, Google Maps Hacks. Tips and tools for geographic searching and remixing, O’Reilly, 2006.
 
Jeff JARVIS, What would Google do ? HarperBusiness, 2009.
 
Clay SHIRKY Here comes everybody. How change happens when people come together, Penguin books, 2008.
 
Gilles PALSKY Des chiffres et des cartes. La cartographie quantitative en France au XIXème siècle, C.T.H.C., 1996
 
Yann MOULIER BOUTANG Le capitalisme cognitif. La nouvelle grande tranformation, Edition Amsterdam, 2007.
 
Bernhard RIEDER « Entre marché et communauté : une discussion de la culture participative à l’exemple de Google Maps », conférence Ludovia 2008 : « Do it yourself 2.0 », France, 2008. Disponible sur ArchiveSIC.
 
Arno SCHARL « Towards the Geospatial Web : Media platforms for Managing Geotagged Knowledge Repositories » In : Arno SCHARL, Klaus TOCHTERMANN (dir.) : The Geospatial Web. How geobrowsers, Social Software and the Web 2.0 are shaping the Network Society, pp. 3-14, 2007, Springer.
 
Nama Raj BUDHATHOKI, Muki HAKLAY, Zorica NEDOVIC-BUDIC « Who are the Mappers and Why do they map in OpenStreetMap? » State of the Map. The 4th Annual International OpenStreetMap conference. Girona, Spain. 9-11 juillet 2010.
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  • 1. Muki HAKLAY, Alex SINGLETON, Chris PARKER « Web Mapping 2.0: The Neogeography of the GeoWeb » Geography Compass, Vol. 2 n°6, 2008, pp. 2011-2039.
  • 2. Gilles PALSKY Des chiffres et des cartes. La cartographie quantitative en France au XIXème siècle, C.T.H.C., 1996.
  • 3. Rich GIBSON, Schuyler ERLE, Google Maps Hacks. Tips and tools for geographic searching and remixing, O’Reilly, 2006.
  • 4. Jeff JARVIS, What would Google do ?, HarperBusiness, 2009.
  • 5. Clay SHIRKY, Here comes everybody. How change happens when people come together, Penguin books, 2008.
  • 6. Comme les Pages Jaunes pour les numéros de téléphone des professionnels.
  • 7. Muki Kaklay explique ce fait, pour l’Angleterre, par la composition socioprofessionnelle d’OSM : l’association est en effet majoritairement constituée d’hommes (96 %), avec un diplôme d’éducation supérieur (78 %), entre vingt et cinquante ans (86 %). Autant de défis à relever pour aller vers une réutilisation massive des fonds de carte OSM.
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