Facebook, un an après

Article  par  Matthieu REBOUL  •  Publié le 06.05.2013  •  Mis à jour le 06.05.2013
Home, la réponse de Facebook au défi du mobile
[ACTUALITÉ] Mai 2012, Facebook ratait son introduction en Bourse. Mai 2013, la société publie ses résultats pour le 1er trimestre ; l’occasion de faire le point sur le plus célèbre des réseaux sociaux.
Le 18 mai 2012, Facebook mettait 421 millions d’actions sur le marché pour ce qui s’annonçait comme l’introduction en Bourse – IPO[+] NoteInitial Public OfferingX [1] –  la plus importante jamais réalisée dans le secteur Internet. Une valorisation théorique supérieure à 100 milliards de dollars venait couronner la réussite d’un réseau social qui, en à peine 8 ans, avait convaincu 900 millions d’utilisateurs à travers le monde. 4 jours plus tard, la presse mondiale faisait ses gros titres de l’échec de cette introduction en Bourse – moins 20 % en quatre jours.
 
Au-delà des conditions elles-mêmes de l’IPO, qui ont fait l’objet de nombreuses critiques, c’est la capacité même de Facebook à générer des revenus qui est remise en question. Avec 3,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2011, la société reste un nain sur un marché publicitaire en ligne largement dominé par Google dont les recettes sont 10 fois supérieures cette même année. La question inquiète d’autant plus les analystes qu’une part croissante des membres du réseau social se connecte depuis l’application mobile Facebook – sur laquelle la société n’affiche pas de publicité, et ne réalise donc aucun revenu. Pire, un de ses plus célèbres clients, General Motors, va jusqu’à remettre en question l’intérêt pour les annonceurs d’être présents sur le réseau et envisage de stopper ses investissements publicitaires sur Facebook.
 
En publiant le 1er mai 2013 un chiffre d’affaires supérieur aux attentes, pour le premier trimestre de l’année, Facebook semble aujourd’hui reparti sur les bons rails. La société a également fait taire les rumeurs concernant la fuite de ses utilisateurs vers ses concurrents en annonçant que c’était désormais 1,11 milliard d’utilisateurs qui se connectaient chaque mois au site bleu, contre 900 millions un an plus tôt. Mieux, la proportion des membres du réseau qui se connectent chaque jour croît pour atteindre 60 %, traduisant un engagement plus fort des utilisateurs. Et si la croissance de la communauté se fait effectivement essentiellement en dehors des États-Unis et de l’Europe – les deux régions où les revenus par utilisateur sont les plus importants – Facebook continue tout de même d’y progresser.
 
Fort de cette audience croissante, le chiffre d’affaires a augmenté de 38 % sur un an, à 1,46 milliard d’euros, au-delà des prévisions des analystes. En particulier, Facebook rassure sur sa capacité à générer des revenus à travers le mobile puisque 30 % de ses recettes publicitaires sont réalisées grâce aux smartphones et tablettes, contre 0 % un an plus tôt. En développant des formats parfaitement intégrés au fil d’actualités des utilisateurs, Facebook a tenté – et semble avoir réussi – de faire d’une faiblesse – la taille réduite des écrans mobile – une force, puisque ses formats publicitaires ne perturbent pas la lecture et l’utilisation de l’application. Ainsi, son format destiné à favoriser le téléchargement d’applications aurait déjà convaincu 3 800 développeurs et permit le téléchargement de 25 millions d’applications.
 
Si les 12 mois depuis l’introduction en Bourse ont donc été notamment consacrés à la monétisation du site et des applications, Facebook a également poursuivi son développement à travers des initiatives majeures. Conscient du potentiel publicitaire de la recherche – Google et ses désormais 50 milliards de revenus sont là pour le prouver – Facebook a lancé en mars 2013 son Facebook Graph Search, un moteur de recherche sémantique visant à répondre à des questions posées dans le langage naturel. Dès avril, Facebook testait des formats publicitaires au sein de ce même moteur de recherche. Facebook place aussi ses pions sur la bataille du mobile, et propose désormais un launcher [+] Noteune application qui prend la place de l’écran d’accueil du téléphoneX [2], avec l’idée d’accroître encore un peu plus l’engagement des utilisateurs sur son service. Une initiative aujourd’hui perçue comme un nouvel échec  – très relatif, l’application n’étant disponible que sur un nombre limité de téléphones – , mais qui traduit la volonté de Mark Zuckerberg de ne pas rater le tournant du mobile, comme il l’annonçait à la conférence Techcrunch Disrupt en septembre 2012.
 
Neuf ans après son existence, Facebook est plus que jamais le roi des réseaux sociaux, avec 1,1 milliard d’utilisateurs à travers le monde. Si sa capacité à justifier une valorisation financière qui reste colossale au regard de ses profits actuels n’est toujours pas prouvée, le réseau social ne semble pas non plus vouloir se reposer sur ses lauriers : il continue d’innover et de proposer des nouveaux services aussi bien à ses utilisateurs qu’à ses annonceurs. Le défi sera de les convaincre de ne pas aller voir ailleurs, et d’éviter à Facebook un destin à la MySpace ou autre star déchue du Web.

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Crédits photo :
Capture d'écran de la page d'accueil de Facebook
  • 1. Initial Public Offering
  • 2. une application qui prend la place de l’écran d’accueil du téléphone
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