Fin de FnacMusic après 8 années difficiles

Article  par  Jennifer ROUSSE-MARQUET  •  Publié le 13.11.2012  •  Mis à jour le 13.11.2012
[ACTUALITÉ] À la fin de l’année 2012, FnacMusic jettera définitivement l’éponge et redirigera ses clients vers le service de musique en ligne d’Apple.  
Le 31 décembre 2012 sonnera la fin du service de vente de musique en ligne de la Fnac. À partir du 1er janvier 2013, les clients de FnacMusic seront redirigés vers le géant de la musique en ligne, Apple et son service Itunes. Enseigne du groupe Pinault Printemps Redoute, FnacMusic propose des morceaux au format MP3 au tarif de 0,99 € l'unité et 9,99 € l'album ; des packs prépayés de plusieurs morceaux à des tarifs dégressifs, ainsi qu’un service de streaming illimité pour 9,99 € par mois.

FnacMusic aura vécu – ou plutôt survécu - 8 ans. Avec moins de 4 % de parts du marché français de la musique numérique en 2011[+] NoteStreaming et téléchargementX [1], le service peinait à exister sur un marché où les mastodontes Apple (iTunes store), Amazon (Amazon MP3) et Orange (Orange Musique) dominent. La Fnac s’était pourtant lancée dès 2004 sur ce domaine d’activités, mais des concurrents de taille – dont iTunes arrivé trois mois seulement avant la mise en service de FnacMusic - et certains choix techniques incompréhensibles ont empêché le système de décoller.  
 
Ainsi, la Fnac a fait le choix, pendant des années, de vendre des fichiers au format wma sous DRM[+] NoteCes verrous numériques qui peuvent poser des problèmes d’interopérabilité.X [2], alors que les concurrents étaient déjà tous passés au MP3, devenu alors le format le plus couramment utilisé pour les fichiers musicaux numériques. Enfin, outre un moteur de recherche peu performant, le catalogue de FnacMusic propose 11 millions de titres soit presque deux fois moins que les 20 millions de titres proposés sur l’iTunes store.

Dès son lancement, FnacMusic était déjà loin derrière iTunes qui affichait, en 2005, 300 millions de téléchargements contre seulement 1 million pour le français à la même époque. Le système d’Apple est certes propriétaire et donc fermé mais le catalogue est riche, l’interface efficace et la campagne marketing l’accompagnant rodée. Mais comme le résume Frédérique Giavarini, directrice de la stratégie du groupe : « Le métier de la Fnac n'est pas de développer de la technologie ».
 
Côté utilisateurs, il leur faudra solder leurs crédits FnacMusic avant le 31 décembre 2012, date à partir de laquelle les internautes seront ensuite automatiquement redirigés vers iTunes pour les achats de musique en ligne. Selon un accord d’affiliation, Apple rémunérera la Fnac pour chaque titre vendu.
 
Pour la Fnac, reste le marché physique des CD, sur lequel la filiale de PPR reste une référence avec 30 % de part de marché sur ce secteur d’activités et 70 % des ventes de musique enregistrée via ce canal au 1er semestre 2012. La Fnac annonce vouloir continuer à investir sur ce domaine d’activités.  
D’autre part, en plus d’une possible introduction en Bourse l’an prochain, la filiale de PPR est actuellement en pleine réflexion stratégique quant à son périmètre d’activité. Outre une réorganisation des magasins par univers, des rayons de petit électroménager et des emplacements Disney devraient voir le jour. De plus,  les « bars numériques » devraient se multiplier : ces espaces permettent aux clients via des tablettes numériques d’écouter puis d’acheter de la musique. À partir de 2013, les Apple maniacs pourront même directement brancher leurs appareils  de la marque à la pomme sur ces « bars numériques » pour y télécharger la musique achetée sur l’iTunes store. Une chose est sûre : Apple n’est pas prêt d’être détrôné de sa première place sur le marché de la musique numérique.

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Image principale : cesvlc / flickr
  • 1. Streaming et téléchargement
  • 2. Ces verrous numériques qui peuvent poser des problèmes d’interopérabilité.
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