Baidu se lance officiellement dans la musique en ligne avec Ting

Article  par  Emmanuel RUFI  •  Publié le 27.05.2011  •  Mis à jour le 30.05.2011
[ACTUALITÉ] Le 4 mai 2011, Baidu a annoncé son intention d’offrir à ses utilisateurs un nouveau service de téléchargement légal de musique.
Le moteur de recherche chinois Baidu a annoncé au Financial Times le lancement de son service de téléchargement et de streaming légal de musique, appelé Ting[+] NoteTing signifie "écouter" en chinois.X [1].

À l’heure actuelle, Baidu domine largement le marché des moteurs de recherche en Chine, avec 75,8 % de parts de marché. D’après les chiffres de Netmarketshare, société d’études américaine spécialisée sur les usages de l’Internet, Baidu serait le troisième moteur de recherche mondial avec 3,7 % de parts de marché, se positionnant ainsi derrière Google (86 %) et Yahoo (6,4 %).

Cette annonce intervient une semaine après que le moteur de recherche ait été à nouveau menacé par le gouvernement chinois d’une poursuite judiciaire pour violation des droits d’auteur[+] NoteBaidu avait déjà été poursuivi en 2008 pour la même inculpation.X [2]. Le 27 avril 2011, 14 sites de téléchargement illégal, dont Baidu pour avoir favorisé cette pratique, avaient été en effet menacés de poursuites judiciaires - un signe fort de la part du gouvernement pour faire cesser les violations des droits d’auteur sur son territoire. Baidu avait immédiatement réagi en annonçant que « des changements rapides seraient effectués ».
 
Depuis plusieurs années, les artistes et leurs maisons de disques se plaignent du téléchargement illégal particulièrement virulent en Chine, au premier rang mondial dans ce domaine, avec 78 % des internautes actifs contre une moyenne mondiale établie à 44 %, et des chiffres avoisinant les 15 % aux États-Unis et en France[+] NoteSource Ipsos.X [3].
 
Le service Ting est disponible depuis le 5 mai 2011 en version bêta. Ting permet non seulement à ses utilisateurs d’écouter en streaming ou de télécharger gratuitement de la musique, mais aussi d’écouter des radios numériques. Des fonctionnalités communautaires permettent également de partager la musique avec ses propres contacts ou encore d'autres amis identifiés comme ayant les mêmes goûts ou intérêts. Le nombre de titres disponibles sur Ting n’a pas été communiqué mais Baidu aurait déjà conclu des accords avec de nombreux ayants-droits.
 
Baidu n’est pas la première société à offrir un service de musique gratuit et légal en Chine. Son rival américain, Google, s’était associé en 2007 au site chinois Top100.cn[+] NoteEn mars 2006, lors de son lancement, Top100.cn avait signé un partenariat avec les majors EMI et SonyBMG.X [4] afin de monétiser l’usage de la musique gratuite en ligne. En juillet 2010, Google avait annoncé l’augmentation de son investissement dans la plateforme chinoise, tout en se refusant à donner le montant exact.
 
À cette période, Google venait de parvenir à un accord avec les autorités chinoises, après plusieurs mois de tensions au cours desquelles la société envisageait de quitter le territoire chinois et son marché prometteur.
 
Le modèle économique du marché chinois de la musique en ligne étant encore en construction, le téléchargement illégal se taille pour l’instant la part du lion des téléchargements. Cependant, le fait que le géant de l’Internet chinois s’oriente vers un choix stratégique en faveur de la musique gratuite et légale permet d’envisager la croissance d’un nouveau marché générateur de revenus et respectueux des droits d’auteur. Si le marché chinois de la musique en ligne est un marché singulier, par sa taille et son historique face au téléchargement pirate, il est probable que le modèle payant ait encore du mal à s’y installer, à la différence des États-Unis et de l’Europe.
 
---
Crédit photo : Tricia Wang / Flickr
  • 1. Ting signifie "écouter" en chinois.
  • 2. Baidu avait déjà été poursuivi en 2008 pour la même inculpation.
  • 3. Source Ipsos.
  • 4. En mars 2006, lors de son lancement, Top100.cn avait signé un partenariat avec les majors EMI et SonyBMG.
Vous souhaitez nous apporter un complément, rectifier une information ? Contactez la rédaction