Gaikai propose des jeux « hardcore » en cloud gaming sur Facebook

Article  par  Vincent SARRAZIN  •  Publié le 02.05.2012  •  Mis à jour le 03.05.2012
[ACTUALITÉ] Face à un marché des jeux Facebook en saturation croissante, la plateforme américaine Gaikai propose un nouveau service de jeu à la demande. Un pari ambitieux, qui se différencie de la concurrence par la technique du cloud gaming autant que par le public visé.
« Facebook est déjà maître dans la catégorie des jeux casual, nous allons les aider à maîtriser également la catégorie des jeux hardcore ». C'est par cette déclaration que David Perry avait présenté le lancement de son nouveau service lors du salon Cloud Gaming Europe en janvier 2012. Le PDG de Gaikai n'en est pas à son coup d'essai dans l'industrie vidéoludique, puisqu'il a fondé le studio Shiny Games en 1993 (responsable de plusieurs succès des années 1990 dont Earthworm Jim et MDK), puis géré le studio Double Helix Games avant de s'attaquer à la création de la plateforme de cloud gaming en 2008 ; un parcours qui différencie l'approche de Gaikai de celle des start-up du jeu social comme Zynga. On parle de casual games[+] NoteLes casual games sont des jeux qui, par leur contenus, touchent un public plus âgé et plus féminin que la production classiqueX [1] pour qualifier la nouvelle génération de jeux produite depuis les années 2000, notamment sur Facebook, mais c'est sur un autre tableau que celui de Zynga et Playfish que Gaikai compte s'imposer : celui des jeux hardcore[+] NoteDestinés à un public plutôt jeune et masculin, avec des thèmes valorisant la compétition comme le combat, le sport ou la course automobile.X [2], qui présentent des modèles de commercialisation différents. Là où le jeu casual sur Facebook repose le plus souvent sur un modèle de free-to-play financé par les micro-transactions des joueurs, le jeu hardcore reste dans son ensemble sur un modèle similaire à celui qui le caractérise depuis le début des années 1990 : des coûts de production plus importants que pour ceux casual pour un prix de commercialisation allant jusqu'à 70 € l’unité. À titre d'exemple, le budget du jeu casual Angry Birds a représenté 140 000 dollars pour des ventes s'élevant à plus de 500 millions d'exemplaires à moins de 1 €, alors que le budget du fameux jeu hardcore Call of Duty : Modern Warfare 3 est estimé à environ 100 millions de dollars, pour plus de 26 millions d'exemplaires écoulés autour de 60€.

 « Real games on Facebook » Grâce à des partenariats avec les plus grands éditeurs de jeux (Capcom, Ubisoft, Electronic Arts), le service Gaikai compte bien toucher une clientèle de joueurs hardcore.

Le marché du hardcore reste important pour les éditeurs, mais est-il transposable sur Facebook, le paradis du jeu casual ? Le pari est audacieux, puisqu'il permettrait à Gaikai de se démarquer des distributeurs en ligne concurrents face auxquels la compagnie reste en retrait pour le moment : Steam et Origin pour la distribution dématérialisée, OnLive pour les jeux à la demande[+] NoteLa distribution dématérialisée et le cloud gaming restent des secteurs proches dans les contenus proposés ; la principale différence réside dans l’utilisation d’une technique de streaming pour les jeux à la demande, qui permet de les utiliser sur toutes les machines capables de lire un flux vidéo (netbook, smartphones, tablettes...).X [3]. La différence de public devrait permettre à la compagnie californienne Gaikai de limiter l'impact de la concurrence représentée par le jeu casual sur Facebook, tout en profitant des mêmes atouts : « les gens ne veulent pas quitter Facebook pour jouer à des jeux, le succès phénoménal de Zynga en est la preuve. », affirmait David Perry au lancement de son service. Comme pour les jeux casual, le mur Facebook des utilisateurs pourra en effet être utilisé afin de faire partager avec ses amis son avancée dans un jeu ou l'achat d'un produit. Reste cependant un écueil de taille dans la trajectoire de Gaikai : le prix des produits. Dans un univers valorisant les micro-transactions ne dépassant pas quelques euros, comment parvenir à vendre des jeux en valant plusieurs dizaines? Si aucune réponse n'est fournie de ce côté-là, le service semble miser pour le moment sur une apparente gratuité : l'application Facebook ne propose que des versions de démonstration gratuites sans afficher aucun prix. L'utilisateur désireux d'acquérir un jeu dans son intégralité sera redirigé vers le site de l'éditeur où il pourra procéder à la transaction. En assumant un rôle de vitrine publicitaire, Gaikai se donne l'opportunité de limiter les risques dans un premier temps ; gageons que le succès de la démarche devrait dicter la marche à suivre et l'ambition apportée au projet dans les mois à venir.


Le Cloud Gaming repose sur un principe de streaming des données, contrairement aux systèmes de jeux traditionnels qui supposent l'installation des données sur le disque dur.

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Crédits photos :
- Image principale : dossier de presse Gaikai
- Capture d’écran de l’interface Gaikai sur Facebook
- Schéma réalisé par Vincent Sarrazin pour l'article Le cloud gaming, un modèle d'avenir ?
  • 1. Les casual games sont des jeux qui, par leur contenus, touchent un public plus âgé et plus féminin que la production classique
  • 2. Destinés à un public plutôt jeune et masculin, avec des thèmes valorisant la compétition comme le combat, le sport ou la course automobile.
  • 3. La distribution dématérialisée et le cloud gaming restent des secteurs proches dans les contenus proposés ; la principale différence réside dans l’utilisation d’une technique de streaming pour les jeux à la demande, qui permet de les utiliser sur toutes les machines capables de lire un flux vidéo (netbook, smartphones, tablettes...).
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