MySpace se sépare de la moitié de ses effectifs

Article  par  Matthieu HERVE  •  Publié le 17.01.2011  •  Mis à jour le 17.01.2011
[ACTUALITÉ] MySpace met fin à plusieurs de ses partenariats internationaux et se sépare de la moitié de ses salariés. Conséquences d’un récent repositionnement, mais préparant aussi le terrain à d'éventuels repreneurs.
Alors que la banque Goldman Sachs vient récemment d’investir 500 millions de dollars dans Facebook, MySpace a confirmé, le 11 janvier dernier, mettre fin à plusieurs de ses partenariats internationaux et se séparer de près de la moitié de sa masse salariale, préparant ainsi le terrain à d’éventuels repreneurs. À travers le monde, près de 500 employés sont concernés par cette restructuration, sur un total de 1100 personnes. Mike Jones, directeur général de MySpace, a tenu à préciser que ces licenciements ne reflètent pas les difficultés de la société, mais sont plutôt les conséquences d’un récent repositionnement dans le domaine du divertissement, nécessaire pour retrouver le chemin de la rentabilité.

Lancé en août 2003 par Tom Anderson et Chris DeWolfe, et autrefois le réseau social le plus important du Web, MySpace est racheté en 2005 par News Corporation, géant des médias dirigé par le magnat de la presse Rupert Murdoch, pour près de 580 millions de dollars. À cette époque, Murdoch soutient ardemment la société et ses dirigeants. Aujourd’hui MySpace souffre de la concurrence de Facebook, avec un nombre de visiteurs uniques estimés à 648 millions par mois et une récente revalorisation à 50 milliards de dollars.

En octobre dernier, MySpace lançait une nouvelle version de sa plateforme, conçue pour séduire une cible plus jeune, composée d’utilisateurs de 13 à 35 ans et a abandonné le terme de réseau social. Pour évoquer le récent positionnement, ses dirigeants parlent maintenant d’un divertissement, à travers plusieurs plateformes, centré autour de la musique, mais aussi des célébrités, des films, de la télévision et des jeux. Les musiciens ont à leurs dispositions de nouveaux outils de personnalisation, et les comptes utilisateurs peuvent être synchronisés avec Twitter ou Facebook. D’ici la fin de l’année, une application pour iPhone et Androïd devrait être proposée.

Le déclin de MySpace illustre bien la fragilité économique des réseaux sociaux. Les utilisateurs peuvent se lasser très rapidement, en fonction de nouveaux besoins et nouveaux usages pour communiquer. Selon
comScore, la plateforme enregistrait près de 54,4 millions d’utilisateur l’année dernière, et en a perdu 9 millions cette année. Un résultat logique, conséquence du fait que Facebook soit, selon Micheal J. Wolf, directeur associé de Media Consulting cabinet Activer, plus simple et plus utilitaire en terme de communication, ceci, pour les particuliers comme pour les entreprises.

Selon Chris DeWolfe, "La difficulté dans les affaires est de savoir quand se concentrer sur la croissance de l’entreprise, et quand se concentrer sur l'argent. Nous nous sommes concentrés sur l'argent et les dirigeants de Facebook se sont concentrés à la fois sur la croissance de leur base utilisateurs et sur l’amélioration de l’expérience utilisateur." En effet, depuis sa création, le réseau social a constamment proposé de nouvelles fonctionnalités, utiles aux particuliers comme aux entreprises dans leurs modes de communication. De plus, plutôt que de vendre la société à une grande entreprise, ils ont attiré des capitaux - comme l'investissement de Goldman Sachs - tout en conservant leur indépendance.

Lors de l’acquisition de MySpace en 2005, News Corporation avait annoncé l’objectif ambitieux d’engranger 1 milliard de dollars de bénéfices, mais ne l’a jamais atteint. Toutefois, le groupe signa avec Google un accord de 900 millions de dollars pour diffuser de la publicité sur la plateforme. Cet accord permit à News Corporation de rembourser l’argent de l’acquisition. Mais depuis peu, les résultats de MySpace freinent les bénéfices du groupe. En effet, au trimestre dernier, la branche gérant le réseau social a enregistré une perte d’exploitation de 156 millions de dollars. Mis en vente en novembre 2010, News Corporation peine à trouver un repreneur pour son réseau social MySpace. Le 12 janvier dernier, News Corporation a fait savoir qu'il étudiait plusieurs options stratégiques, parmi lesquelles une vente, une fusion ou une scission. La dernière option serait privilégiée.


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Crédit photo : logo MySpace
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