Goldman Sachs devient actionnaire de Facebook

Article  par  Matthieu HERVE  •  Publié le 07.01.2011  •  Mis à jour le 14.01.2011
[ACTUALITÉ] La banque américaine est devenue actionnaire de Facebook après y avoir investi 500 millions de dollars. La valeur du célèbre réseau social, évaluée à 50 milliards de dollars, dépasse celle d'eBay, Yahoo! et Time Warner.
Le 3 Janvier dernier, la banque américaine Goldman Sachs est devenue actionnaire de Facebook après y avoir investi 500 millions de dollars, dont 50 issus de la société russe Digital Sky Technologies. La banque d’investissement est ainsi à la tête de 0,9 % des actions du réseau social. Selon le Wall Street Journal, Goldman Sachs compte intéresser ses clients les plus fortunés à entrer au capital de Facebook, dans le but d’apporter les 1,5 milliards de dollars supplémentaires. Le courrier que Goldman Sachs leur a adressé indiquait que l'opération était réservée aux clients disposant d'un patrimoine minimum de 10 millions de dollars, prêts à acheter pour un minimum de 2 millions de dollars d’actions, lesquelles ne pourront être revendues avant 2013. L’offre aurait eu tant succès que deux jours plus tard, la banque annonçait qu’elle cessait de solliciter de nouveaux investisseurs, après avoir reçu des propositions d’achats de plusieurs milliards de dollars.

L’apport de Goldman Sachs a déjà fait grimper la valeur de Facebook à 50 milliards de dollars. Cette valorisation va accentuer la pression sur les dirigeants du réseau social pour qu’ils introduisent leur société en Bourse. Celle-ci a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs articles ces derniers mois, certains experts l’attendant pour 2011. Mais la société n’a jusqu’ici présenté aucun calendrier, et même si ses dirigeants ont annoncé leur intention de faire entrer la société en Bourse, ils ont peu d’intérêts à le faire aujourd’hui. De plus, le régime en vigueur aux États-Unis contraindrait Facebook à publier ses résultats, et donc à répondre à ses actionnaires.

Les formes de cette transaction ne conviennent pas à tout le monde. En effet, la Securities and Exchanges Commission (SEC), régulateur de la Bourse américaine, considère que l’investissement de Goldman Sachs contourne les règles en vigueur et envisage donc de les rendre plus strictes. En ouvrant son investissement à ses clients, Goldman Sachs aurait fait dépasser le seuil de 500 actionnaires de Facebook. Or, aux États-Unis, toute entreprise dépassant 500 actionnaires est soumise à un régime de transparence envers ceux-ci. Mais l’arrangement proposé par Goldman Sachs à ses clients permet de contourner une telle règle. Même si la banque peut réunir et gérer des milliers d’investissements, elle ne sera comptabilisée que comme un seul actionnaire de Facebook, qui pourra ainsi rester une société non cotée. En 2004, Google a accéléré son entrée en Bourse parce qu’elle allait franchir ce seuil des 500 actionnaires. Depuis 2007, Facebook a pris de nombreuses mesures pour éviter ce dépassement. Par exemple, ses employés ne peuvent pas vendre les stock-options qui leur sont distribuées.

Avec l’apport de Goldman Sachs et des revenus estimés à 2 milliards de dollars pour l’année écoulée, la valeur de Facebook, jusqu'ici évaluée à 42 milliards de dollars, dépasse celle d'eBay, de Yahoo! et de Time Warner. Mais de nombreux experts estiment aujourd’hui que le développement de Facebook va devoir s’accélérer dans les prochaines années pour justifier d’un tel investissement. Enfin, cette transaction témoigne de la capacité des entreprises de la bulle Internet à trouver des liquidités hors de la sphère du marché boursier, ainsi que de l’attrait exercé par le célèbre réseau social sur de potentiels investisseurs, ceci, malgré le peu d'informations que la société divulgue sur ses opérations et sa situation financière.

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Crédits photo :
kk+/Flickr

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