Succès du salon professionnel des lieux de tournage en Île-de-France

Article  par  Céline ALARÇON  •  Publié le 09.05.2011  •  Mis à jour le 10.05.2011
Tournage d'un film dans les rues de Paris
[ACTUALITÉ] Les 28 et 29 avril 2011, la première édition du salon professionnel des lieux de tournage en Île-de-France a réuni à Paris acteurs du monde du cinéma et sites de tournage franciliens.
Les 28 et 29 avril 2011 s’est tenu à Paris le premier salon professionnel des lieux de tournage en Ile-de-France. 27 exposants étaient réunis au conseil régional d’Île-de-France afin de présenter leurs décors et leurs politiques d’accueil des tournages. Parmi eux, des départements (l’Essonne, les Yvelines, la Seine-Saint-Denis…), des sites de renommée mondiale tels que le musée du Louvre (qui a servi de décor à Da Vinci Code de Ron Howard) ou le Château de Versailles (Marie-Antoinette de Sofia Coppola), mais aussi des lieux moins connus du grand public tels que le Centre des monuments nationaux (Les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec de Luc Besson) ou la Cité universitaire (Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar). Des entreprises, publiques et privées, étaient également représentées : la RATP, qui a accepté 35 demandes de tournages de longs-métrages en 2010, la SNCF ou les Aéroports de Paris. Enfin, les visiteurs ont pu découvrir les possibilités de décors offertes par des bâtiments de la fonction publique comme le ministère de la Justice ou la préfecture de Police.
 
Le salon était organisé par la commission du film d’Île-de-France, créée en 2004 et chargée de valoriser le potentiel cinématographique de son territoire et donc d’aider dans leurs démarches les producteurs souhaitant venir tourner en IDF. Son objectif est donc de faire redécouvrir aux professionnels du cinéma les lieux les plus représentatifs de l’Île-de-France et de leur révéler les atouts de sites plus méconnus. Grâce à cet événement, les exposants ont aussi eu l’opportunité de rassurer les professionnels sur leur capacité à accueillir des tournages dans les meilleures conditions et de les inciter à venir tourner dans la région. Si le choix des producteurs et des réalisateurs se porte sur des lieux franciliens, c’est en effet le rayonnement du pays tout entier qui s’en trouvera renforcé.
 
Or de nombreux cinéastes optent déjà pour l’Île-de-France, puisqu’en 2010 la région a servi de décor à la moitié des films français tournés ; elle attire également environ 100 productions internationales par an, ce qui fait d’elle la région française la plus recherchée par les professionnels étrangers. Au sein de la région, Paris est, avec New York, l’une des villes les plus filmées en décors naturels du monde ; ainsi plus de 1 000 autorisations de tournages ont été délivrées par la préfecture de Police l’an dernier. Selon Olivier-René Veillon, président de la commission du film d’Île-de-France, le succès de la région s’explique notamment par le nombre de lieux de tournage accessibles (plus de 900 ont été recensés par la commission), par la diversité de ses sites ainsi que par le savoir-faire et le professionnalisme des équipes chargées de l’accueil des tournages.
 
L’Île-de-France bénéficie également d’une politique volontariste d’accueil des tournages dans les lieux publics, redéfinie en janvier 2011 par l’Agence du patrimoine immatériel de l’État (APIE). Depuis lors, les conditions de tournage ont été homogénéisées, une grille tarifaire a été établie afin d’uniformiser le coût de location d’un site (en fonction de la nature du lieu, de la durée du tournage, de l’importance des équipes…) et un bureau d’accueil des tournages a été implanté dans chaque ministère pour centraliser les demandes d’autorisation et simplifier les procédures.
 
Mais la région contribue aussi au financement des œuvres cinématographiques par l’intermédiaire du Fonds de soutien aux industries techniques cinématographiques et audiovisuelles : créé en 2001, il est « destiné à accorder aux productions françaises et étrangères une aide financière sous condition d’utilisation suffisante des industries techniques franciliennes ». Cette aide a déjà bénéficié à 396 œuvres tournées en Île-de-France. Plus largement, le crédit d’impôt international incite les productions initiées à l’étranger à venir tourner : si une partie de leur fabrication y a lieu (selon des critères précis) et qu’elles comportent « des éléments rattachés à la culture, au patrimoine et au territoire français », le producteur exécutif de l’œuvre se voit accorder un crédit d’impôt représentant 20 % des dépenses éligibles du film en France.
 
Cette politique coûte 14 millions d’euros par an à l’État, mais a des retombées économiques très importantes pour la région : « pour un euro investi, presque 15 euros reviennent en dépenses sur le territoire », a déclaré Julien Dray, vice-président du conseil régional d'Île-de-France chargé de la culture, à l'occasion d'une conférence organisée dans le cadre du salon. Ainsi, l’activité cinématographique en IDF a rapporté plus de 2 millions d’euros de recettes en 2010, et représente plus de 120 000 emplois pour la région. À titre d’exemple, un jour de tournage au Louvre coûte entre 8 000 à 16 000 euros, et le musée accueille plus de 100 tournages par an.
 
Le salon représente donc un enjeu majeur pour la région Île-de-France. Pari réussi : plus de 400 professionnels du cinéma (réalisateurs, producteurs, régisseurs…) étaient présents au conseil régional et ont fait des demandes concrètes aux sites franciliens pour les tournages à venir. Une seconde édition est déjà programmée pour les 10 et 11 février 2012 et sera organisée dans un lieu plus spacieux afin de réunir encore davantage de participants.
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Crédit photo : Daffy Duke / Flickr
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