Les conglomérats asiatiques assoient leurs positions à Hollywood

Article  par  Brice LONGNOS  •  Publié le 05.01.2011  •  Mis à jour le 10.02.2016

[ACTUALITÉ] Depuis le début du mois de septembre, les firmes asiatiques ont montré de plus en plus leur appétit pour les firmes "hollywoodiennes" et leur volonté de s’établir comme des acteurs incontournables du secteur cinématographique.

Alors qu’au 12 novembre 2010, Hollywood et Bollywood - les deux plus grands foyers mondiaux de production cinématographique – ont signé un accord pour développer la production et la distribution communes de leurs films, les majors asiatiques multiplient les projets d’investissement à grande échelle.

Quand on sait déjà le poids que possèdent certaines majors asiatiques à Hollywood, ces démarches ne doivent pas être ignorées. En effet, le conglomérat japonais Kadokawa Pictures était déjà un investisseur fondateur de DreamWorks en 1995 et possède une part majoritaire dans Intercontinental, le groupe hongkongais qui distribue les films de Walt Disney et de Paramount Pictures à Hong-Kong. Dans le même temps, le géant indien, Reliance, possède 50 % du capital de DreamWorks, une part majoritaire dans la société de vente et production IM Global et dispose aux États-Unis d’installations de post-production et plus de 200 salles de cinéma.
 
Cependant, l’appétit de ces géants ne s’arrête pas la. Alors que l’offre de rachat pour 2 milliards de dollars du géant indien Sahara India Pariwar de la MGM était écartée suite au rachat de sa dette colossale de 4 milliards de dollars par Spyglass Entertainment, des rumeurs font savoir que Reliance est en cours de négociation pour des parts dans la nouvelle société d’Entertainment Lava Bear Films – qui a été récemment fondée par David Linde, ancien vice-président d’Universal Pictures – qui négocie les droits des films d’Universal pour les distributions nord-américaine et internationale. Les autres conglomérats asiatiques ne sont pas en reste, puisqu’en octobre dernier, le sino-hongkongais Orange Sky Golden Harvest se taillait une part de 3,33 % dans le producteur de « The Dark Knight » et « Inception », Legendary Pictures, via une transaction de 25 millions de dollars, s’offrant ainsi un siège au conseil d’administration de la société de production américaine.

En parallèle, les majors asiatiques cherchent à concurrencer les studios hollywoodiens en s’unissant pour investir dans des fonds destinés à des studios de production de grandes envergures. Ainsi, le japonais Toho-Towa, Kadokawa Pictures et RGM Media de Singapour ont investi 250 million de dollars dans la fondation de Hemisphere Motion Picture Partners, initié par Winchester Capital Management et ses fondateurs Jean-Luc De Fanti et Jeff Sagansky, dont le projet est de financer de 8 à 10 films sur 4 ans pour un budget de plus de 400 millions de dollars.
 
La participation croissante des firmes asiatiques à l’Asian Film Market de Pusan (plus 44 % en 2010 par rapport à 2009) ne fait que confirmer le rôle croissant des firmes asiatiques au sein de l’industrie cinématographique.

--
Crédit photo: Kadokawa logo, Wikipedia

 
À lire également dans le dossier « Entre la Chine et le cinéma, la situation reste compliquée » :
Vous souhaitez nous apporter un complément, rectifier une information ? Contactez la rédaction